Vendredi dernier. Dans un coin du troisième étage de la RTBF, la tension est (un peu) retombée. La veille, Tarmac a amorcé son décollage. "Il y a forcément encore des petites choses à régler, mais dans l'ensemble tout s'est déroulé comme prévu, se réjouit Akro, alias Thomas Duprel. En interne, on m'a même dit qu'en 30 ans, on n'avait jamais vu une première se passer aussi bien." Assis derrière son écran, au milieu de ses troupes, le patron de Tarmac a beau faire mine de rester concentré, il a du mal à cacher sa satisfaction. C'est que l'enjeu n'était pas mince. Ce n'est en effet pas tous les jours que se lance un nouveau mé...

Vendredi dernier. Dans un coin du troisième étage de la RTBF, la tension est (un peu) retombée. La veille, Tarmac a amorcé son décollage. "Il y a forcément encore des petites choses à régler, mais dans l'ensemble tout s'est déroulé comme prévu, se réjouit Akro, alias Thomas Duprel. En interne, on m'a même dit qu'en 30 ans, on n'avait jamais vu une première se passer aussi bien." Assis derrière son écran, au milieu de ses troupes, le patron de Tarmac a beau faire mine de rester concentré, il a du mal à cacher sa satisfaction. C'est que l'enjeu n'était pas mince. Ce n'est en effet pas tous les jours que se lance un nouveau média. A fortiori dédié principalement au rap, ou plus largement aux musiques "urbaines". À Reyers, c'est peu dire que ces sons-là ont été largement négligés jusqu'ici. Surfant sur la vague hip-hop belge, la RTBF veut aujourd'hui en profiter pour (tenter de) combler cette lacune. Et se positionner du même coup sur une cible -les 15-25 ans- qu'elle n'arrive plus à capter... Pour cela, elle n'a pas hésité à mettre les moyens. Notamment en "pimpant" un studio, où ont été reproduits une chambre d'ado, une façade new-yorkaise, façon brownstone d'Harlem, ou encore... une rame de métro de la Stib. "On n'est pas dans une radio classique, linéaire, coincée entre quatre murs. Mais je rassure tout le monde, on n'a pas brûlé un budget indécent. Il a coûté trois fois moins cher que certains autres studios..." Pour rappel, l'idée de Tarmac est celle d'un média numérique, qui n'est donc pas disponible sur la bande FM, mais bien via le téléchargement d'une application (gratuite) ou du site Web. Paradoxal, du coup, d'investir dans autant de décor? "Non, parce que la vidéo est aujourd'hui essentielle. Et qu'on n'avait pas envie de se limiter à un fond vert un peu cheap." Concrètement, "l'offre" Tarmac propose huit flux musicaux différents (des Webradios consacrées au rap US, rap français, r'n'b, reggae-ragga, oldies...), une mixtape de 45 minutes quotidienne, une capsule matinale d'un quart d'heure (Bad 'n Breakfast, séquence YouTube fourre-tout animée par Anne-Sarah et Sami) et un talk en soirée, diffusé en streaming live et intitulé Je vous salue ma rue. Libre antenne, il est présenté par la chanteuse Mia Lena et Prezi, ghostwriter de son état, pro de l'impro et véritable gueule d'atmosphère, à la brosse comme tout droit sortie de Do the Right Thing. Au total, c'est une équipe de douze personnes qui a été mise en place, dont la plupart des membres n'ont jamais fait de radio... "J'ai reçu plein de candidatures, des démos hyper clichés où les gars prenaient un accent parisien. Au final, le casting s'est fait de manière très humaine et intuitive." Prezi confirme: "En août dernier, Akro m'a appelé en me disant: "Viens, je dois te proposer un truc." Quand je suis arrivé, il avait lancé un barbecue. Preuve qu'il avait bien cerné le personnage." (rires) Le patron insiste encore: "On est tous conscients que l'on doit commencer de manière humble. La seule chose, c'est que je veux qu'ils soient vrais, qu'ils ne trichent pas. Quand vous êtes authentique, les petits défauts passent mieux." www.tarmac.be L.H.