La musique, de plus en plus hybride et métissée, connaît de moins en moins les frontières. Dans ce petit jeu de saute-mouton, de permanente fusion, l'Afrique n'est plus uniquement aujourd'hui le terrain de l'emprunt et du pillage. Elle est aussi sol de révolution. Électronique et rythmes traditionnels s'y mêlent allègrement pour créer de nouveaux sons. Le premier volet du documentaire suédois en trois parties réalisé par Lamin Daniel Jadama et Lars Loven invite à se promene...

La musique, de plus en plus hybride et métissée, connaît de moins en moins les frontières. Dans ce petit jeu de saute-mouton, de permanente fusion, l'Afrique n'est plus uniquement aujourd'hui le terrain de l'emprunt et du pillage. Elle est aussi sol de révolution. Électronique et rythmes traditionnels s'y mêlent allègrement pour créer de nouveaux sons. Le premier volet du documentaire suédois en trois parties réalisé par Lamin Daniel Jadama et Lars Loven invite à se promener en Angola et au Ghana. À rencontrer une kuduriste transsexuelle qui se ramassait des pierres et des bouteilles dans la tronche en rue et fait aujourd'hui danser les foules. Ou des rappeurs, les FOKN Bois, évoquant dans leurs morceaux la sexualité des jeunes musulmanes et la virilité des gays. Du genre à monter sur scène avec des casques de techniciens d'ECG (la compagnie d'électricité ghanéenne) au plus fort de la crise électrique dans la région. En Angola, qui émerge après une longue guerre civile, le kuduro est né dans le ghetto. Le peuple l'a ensuite amené en ville avant que Buraka Som Sistema le catapulte sur le devant de la scène internationale, faisant de ces beats de marginaux l'un des plus grands atouts culturels du pays. La musique comme refuge pour échapper à la délinquance. La chanson comme ultime moyen d'expression... Diplo (MIA, Major Lazer) décrit la situation dans le pays, son grand mélange de cultures. Tandis que MCK, la voix non officielle de l'Angola, raconte son histoire personnelle: celle d'un rappeur militant qui porte en lui la mort d'un laveur de voitures de 27 ans, battu à mort par la garde présidentielle pour avoir chanté une de ses chansons critiquant ouvertement le gouvernement. Narré par Neneh Cherry, Fonko ("la chose" en mandingue ou "veiller les uns sur les autres" en wolof) n'est pas qu'un état des lieux de la musique moderne en Afrique. C'est aussi son contexte politique et social. Riche, trépidant, passionnant, rythmé par des personnages hauts en couleur et des images un peu folles comme ces invraisemblables danses d'unijambistes, Fonko repose sur les témoignages de musiciens, blogueurs, profs d'université, hommes d'affaires... L'épisode consacré à l'Afrique du Sud et au Nigéria, ainsi que celui focalisé sur l'Afrique de l'Ouest francophone, seront disponibles sur arte.tv à partir du 2 février.