La date du 27 mai marquera son ouverture en fanfare, avec l'avant-première de The Assassin à l'UGC de Brouckère et la master class donnée par Hou Hsiao-hsien à la Cinematek. Mais c'est durant tout juin et tout juillet que se déploiera pleinement l'événement remarquable consacré par cette dernière au cinéma de Taïwan et à l'oeuvre de son plus fameux représentant. Intitulé Taiwan Film Panorama, le programme taïwanais est carrément le plus important jamais présenté dans le monde autour de cette cinématographie très riche, multiple, que plus...

La date du 27 mai marquera son ouverture en fanfare, avec l'avant-première de The Assassin à l'UGC de Brouckère et la master class donnée par Hou Hsiao-hsien à la Cinematek. Mais c'est durant tout juin et tout juillet que se déploiera pleinement l'événement remarquable consacré par cette dernière au cinéma de Taïwan et à l'oeuvre de son plus fameux représentant. Intitulé Taiwan Film Panorama, le programme taïwanais est carrément le plus important jamais présenté dans le monde autour de cette cinématographie très riche, multiple, que plus de 50 films (sans compter ceux de Hou!) représentent dans sa grande diversité. La rétrospective débute en 1963, l'année où la Central Motion Picture Corporation, plus grand producteur de l'île, lança le mot d'ordre d'un "réalisme sain". Il s'agissait de prôner un cinéma s'inscrivant dans "l'harmonie de la vie sociale et l'évolution vers un bonheur grandissant..." Une contrainte qui n'empêcha pas des réalisateurs inventifs et motivés de faire preuve d'originalité, d'audace même. Le film historique étant une des manières d'échapper aux diktats officiels. Le génial King Hu (transfuge de Hong Kong) y brilla singulièrement. L'éclosion internationale du cinéma taïwanais se produisit voici une bonne trentaine d'années. Les festivals les plus importants sélectionnant les films de jeunes auteurs ambitieux comme Hou Hsiao-hsien et le regretté Edward Yang. Cette nouvelle vague osait un cinéma différent, contournant les dogmes censés réguler la production locale. La manière du premier était plus subtile, celle du second plus radicale, mais chacun manifestait sa liberté à filmer l'envers du rêve taïwanais. Dans son remarquable documentaire HHH un portrait de Hou Hsiao-hsien (1), réalisé en 1997 dans le cadre de la série Cinéastes de notre temps, Olivier Assayas resitue bien les enjeux de ce moment crucial où le nouveau cinéma de Taïwan se vit reconnaître en Occident sans rien abandonner de sa spécificité. Pour preuve le travail exigeant, sublime, de Tsai Ming-liang, et les films de réalisateurs plus jeunes renouvelant aujourd'hui encore une production taïwanaise où brille désormais le nom de Chung Mong-hong, auteur du saisissant Parking. (1) PROJETÉ À TROIS REPRISES DURANT LE PROGRAMME À LA CINEMATEK: LES 4 ET 11 JUIN, PUIS LE 3 JUILLET. AVANT-PREMIÈRE DE THE ASSASSIN À L'UGC DE BROUCKÈRE, MERCREDI 27 MAI À 19 H 30, EN PRÉSENCE DE HOU HSIAO-HSIEN. MASTER CLASS DE HOU HSIAO-HSIEN (ANIMÉE PAR OLIVIER ASSAYAS, ET AVEC CHU TIEN-WEN, SCÉNARISTE DE PLUSIEURS FILMS DE HOU) LE MÊME JOUR À 15 H À LA CINEMATEK. RÉTROSPECTIVE HOU HSIAO-HSIEN À LA CINEMATEK ET À FLAGEY, DU 01/06 AU 28/07. TAIWAN FILM PANORAMA À LA CINEMATEK, DU 1ER JUIN AU 30 JUILLET. L.D.