Avec Blade Runner 2049, Sylvia Hoeks, actrice hollandaise ne faisant pas ses 34 printemps, trouve le rôle qui devrait booster sa carrière internationale. Car si sa notoriété n'avait guère franchi les frontières à ce jour, en dépit d'une filmographie affichant une trentaine de titres au rang desquels The Best Offer, de Giuseppe Tornatore, aux Pays-Bas, c'est une autre affaire, comme on ne tarde pas à le comprendre en ralliant l'hôtel amstellodamois où doit se dérouler l'entretien. Pour se faire aussitôt signifier que l'agenda de la jeune femme étant surchargé, la presse écrite n'aura droit en tout et pour tout qu'à une vingtaine de minutes en sa compagnie, à raison d'une question par journaliste. "C'est la Matthias Schoenaerts hollandaise", nous confie une consoeur du cru en g...

Avec Blade Runner 2049, Sylvia Hoeks, actrice hollandaise ne faisant pas ses 34 printemps, trouve le rôle qui devrait booster sa carrière internationale. Car si sa notoriété n'avait guère franchi les frontières à ce jour, en dépit d'une filmographie affichant une trentaine de titres au rang desquels The Best Offer, de Giuseppe Tornatore, aux Pays-Bas, c'est une autre affaire, comme on ne tarde pas à le comprendre en ralliant l'hôtel amstellodamois où doit se dérouler l'entretien. Pour se faire aussitôt signifier que l'agenda de la jeune femme étant surchargé, la presse écrite n'aura droit en tout et pour tout qu'à une vingtaine de minutes en sa compagnie, à raison d'une question par journaliste. "C'est la Matthias Schoenaerts hollandaise", nous confie une consoeur du cru en guise d'explication. Voire... Cela posé, Miss Hoeks se prête à l'exercice avec une bonne grâce évidente. Si les extraits du film que l'on a pu visionner avant de la rencontrer suggèrent que Luv, son personnage, soit une version actualisée de Rachel, la réplicante à qui Sean Young prêtait ses traits dans l'original -intuition dont on apprendra qu'elle n'est habilitée ni à l'infirmer ni à l'approuver-, on a la surprise de la découvrir blonde et, partant, méconnaissable. Constat qui lui inspire une anecdote savoureuse: "C'est drôle, personne ne semble me reconnaître. J'ai fait la promo du film au ComiCon, et Hampton Fancher, le scénariste du premier Blade Runner qui a aussi initié le second avec Ridley Scott, était de la partie. Nous étions assis côte à côte dans le bus qui nous emmenait d'un endroit à l'autre, lorsqu'il m'a demandé: "So, what do you do?" Et moi de lui répondre: "You mean besides acting?" avant de lui parler de mes hobbies. Ce n'est qu'une heure plus tard, lorsque nous étions ensemble à un photo shoot que son franc est tombé et qu'il s'est rendu compte que c'était moi. Ce n'est pas pour rien que cela s'appelle jouer un rôle. J'aime particulièrement cette transformation en une autre personne." Quitte, comme dans le cas présent, à suivre un entraînement drastique à raison de six heures par jour, douleur et discipline lui ayant permis, explique-t-elle, de "rencontrer son personnage."En guise de première audition pour obtenir le rôle de Luv, Sylvia Hoeks s'est fendue d'une vidéo où elle interprétait une scène de Roy Batty, le réplicant joué par son compatriote Rutger Hauer dans le film de 1982. Les Hollandais rêvent-ils d'androïdes? "Nous en avons en tout cas beaucoup ri, Denis Villeneuve et moi. Les Néerlandais ont peut-être ce petit quelque chose de surnaturel, je ne sais pas..." L'actrice n'était pas au bout de ses peines, la décision finale ne tombant que bien plus tard, et sans qu'elle sache précisément pourquoi elle avait été choisie. "Au bout de quelques mois, ne voyant rien venir, je leur ai fait savoir que j'aimerais m'engager pour un autre rôle, mais ils m'en ont dissuadée..." La patience est parfois bonne conseillère, en effet. De Blade Runner 2049, elle ne peut parler qu'à demi-mot, tenue qu'elle est au secret jusqu'à sa sortie: "Ils ont eu 30 ans pour y réfléchir, et c'est un grand film qui ouvre de nouvelles perspectives sur le futur." De même ne tarit-elle pas d'éloge sur Denis Villeneuve: "Il a un talent très particulier. Ce qui me parle chez lui, comme à beaucoup d'autres, c'est qu'il arrive parfaitement à extérioriser son univers intérieur, à le communiquer à l'équipe et aux acteurs, tout en traitant tout le monde avec respect. Il crée un environnement très sain et très sûr pour travailler." Quant à l'impact prévisible du film sur sa carrière ? "Des choses se passent, je suis en train de regarder dans quoi j'aimerais me lancer. Je suis constamment à la recherche de nouvelles expériences et c'est pourquoi je voulais travailler à l'étranger. Cela s'est passé naturellement et graduellement." Tempo appelé, vraisemblablement, à s'accélérer... J.F. PL., à Amsterdam