Installé à Bruxelles depuis une dizaine d'années, Diego Martinez Vignatti a gardé de son Argentine natale ce qui donne leur texture à ses films: une couleur, mais plus encore une âme, portée vers la nostalgie. Le tango en constitue l'une des expressions privilégiées, à la fois familière et farouche, venant donner sa tonalité, musicale et autre, à un cinéma adoptant encore l'exil, physique ou intime, pour toile de fond. Troisième long métrage du cinéaste, par ailleurs directeur photo sur les premiers films de Carlos Reygadas, La cantante de tango opère ainsi une sorte de synthèse des courants qui irriguaient ses £uvres précédentes: le documentaire Nosotros, réalisé en 2003, avec le tango en son c£ur, suivi, 4 ans plus tard, de La Marea, une fiction traçant le portrait d'une femme en deuil s'abîmant dans une insondable détresse -femm...