Biopic hagiographique, aventures à grand spectacle, mais aussi réflexion sur le stress post-traumatique: les cinq films de guerre qu'exhume aujourd'hui l'éditeur Elephant illustrent diverses déclinaisons du genre. Ouvrant la série, L'Enfer des hommes, de Jesse Hibbs (1955), est inspiré de l'autobiographie d'Audie Murphy, distribué, plus de dix ans après les faits, dans son propre rôle. À savoir celui d'un engagé texan multipliant les actions d'éclat au Maroc, en Italie puis en France -il sera le soldat américain le plus décoré du conflit, avant de devenir star de westerns de série B. Surtout occupé à lui tresser des laur...

Biopic hagiographique, aventures à grand spectacle, mais aussi réflexion sur le stress post-traumatique: les cinq films de guerre qu'exhume aujourd'hui l'éditeur Elephant illustrent diverses déclinaisons du genre. Ouvrant la série, L'Enfer des hommes, de Jesse Hibbs (1955), est inspiré de l'autobiographie d'Audie Murphy, distribué, plus de dix ans après les faits, dans son propre rôle. À savoir celui d'un engagé texan multipliant les actions d'éclat au Maroc, en Italie puis en France -il sera le soldat américain le plus décoré du conflit, avant de devenir star de westerns de série B. Surtout occupé à lui tresser des lauriers, le film n'a qu'un intérêt anecdotique, même si derrière l'héroïsme pointe le fanatisme. Il faut, pour apprécier Le Héros d'Iwo Jima, accepter d'y voir Tony Curtis incarner un... Amérindien. Cette incongruité mise à part, le film de Delbert Mann est remarquable, qui revient sur la fameuse photo de l'élévation du drapeau de Joe Rosenthal à travers le destin d'Ira Hayes, Indien Pima ayant participé à la scène par hasard, et rapatrié en héros malgré lui pour participer, à la dérive, à une tournée de levée de fonds. Questionnant la mise en scène de l'Histoire, comme la figure du héros américain, le film, qui en annonce d'autres -de Flags of Our Fathers de Clint Eastwoood, à Billy Lynn's Long Halftime Walk, d'Ang Lee- mérite assurément d'être (re)découvert. On retrouve Tony Curtis dans Le Combat du capitaine Newman, de David Miller, où il campe l'assistant fantasque de Gregory Peck (Newman), médecin en charge de l'unité neuropsychiatrique de l'hôpital d'une base aérienne de l'Arizona accueillant des militaires (dont Robert Duvall et Bobby Darin) en proie à des traumatismes divers. " Nous les soignons, nous les rendons forts, pour qu'ils aillent se faire tuer", observera celui-ci désabusé, portée critique qui, couplée à l'humour qui l'infuse, fait le prix de ce film de guerre en creux. Enfin, le diptyque Tobrouk - Le Cinquième commando est un curieux cas d'espèce. Sorti avec succès en 1967, Tobrouk, d'Arthur Hiller, voyait un commando composé de faux prisonniers anglais et de Juifs allemands s'infiltrer dans la citadelle libyenne afin de détruire les réserves d'essence de l'Afrika Korps de Rommel, en un spectaculaire crescendo d'aventures. Quatre ans plus tard, Henry Hathaway remplace Rock Hudson par Richard Burton, et en signe une copie quasi conforme avec Le Cinquième commando. Et d'aller jusqu'à plaquer telles quelles, au fil d'un scénario quelque peu remanié -on apprend notamment que Rommel s'adonnait à la philatélie-, des scènes entières de l'original, que l'on peut hardiment préférer à ce pompage éhonté...