Que la culture puisse être un élément d'attraction pour une ville ne fait plus vraiment débat. Et on ne parle pas seulement de l'intérêt que peuvent susciter le patrimoine et les vieilles pierres. Des villes comme Bilbao -grâce à son Musée Guggenheim- ou Berlin -vendu comme la Mecque de la techno, le paradis des clubbers- ont réussi à se créer une réputation en mettant en avant une culture moderne, contemporaine, voire alternative. À cet égard, chaque g...

Que la culture puisse être un élément d'attraction pour une ville ne fait plus vraiment débat. Et on ne parle pas seulement de l'intérêt que peuvent susciter le patrimoine et les vieilles pierres. Des villes comme Bilbao -grâce à son Musée Guggenheim- ou Berlin -vendu comme la Mecque de la techno, le paradis des clubbers- ont réussi à se créer une réputation en mettant en avant une culture moderne, contemporaine, voire alternative. À cet égard, chaque grande ville essaie aujourd'hui d'agiter le cocotier culturel pour à la fois se créer une identité et attirer le monde. Reste alors à débroussailler les propositions et faire le tri dans la jungle des initiatives. C'est précisément le but que s'est fixé l'application mobile gratuite baptisée Divercities. Mise en place en France, elle a récemment choisi Bruxelles comme terrain de développement et d'expérimentation à l'échelle européenne. Son principe de base est de combiner le goût pour les cultures émergentes, le principe de recommandation personnalisée et la géolocalisation: en gros, livrer aux touristes, ou même au simple citadin, un guide des bons plans culturels qui ont lieu dans sa ville, son quartier. À l'origine du projet, on retrouve la start-up française 1D Lab. Basée à Saint-Étienne, elle avait déjà lancé 1D touch, en 2014: une plateforme de streaming "à la Spotify", qui entend privilégier les contenus culturels "émergents" (musique, jeux vidéo et bientôt des livres numériques), tout en prenant soin de rémuner "équitablement" les artistes de son catalogue. C'est un peu la même philosophie qui sous-tend l'appli Divercities, gratuite et garantie sans pub. Où à côté de parcours plus classiques (les quartiers Sablon, Dansaert, etc.), il est par exemple possible de repérer les disquaires indépendants de la ville (de Crevette Records à Caroline Music), d'en apprendre un peu plus sur le graffeur Bonom, ou de faire la connaissance de Professeure Postérieur, la prof d'aérobic la plus déjantée de la ville. En tout, ce sont près de 100 capsules (des textes principalement en anglais, des vidéos, des play-lists, etc.), qui sont déjà consultables. Pas mal pour un début, et une application qui prévoit de s'étendre dans les deux ans à Berlin, Bristol et Barcelone. www.divercities.eu. LAURENT HOEBRECHTS