Si vous croisez un livre américain oublié réédité par une jeune maison française branchée, que ce livre fait beaucoup trop de pages et qu'il est quasiment impossible à résumer, vous tenez sans doute un livre culte. Stone Junction est résolument de ceux-là: écrit à la fin de...

Si vous croisez un livre américain oublié réédité par une jeune maison française branchée, que ce livre fait beaucoup trop de pages et qu'il est quasiment impossible à résumer, vous tenez sans doute un livre culte. Stone Junction est résolument de ceux-là: écrit à la fin des années 80, traduit et publié une première fois il y a dix ans dans la collection "Lot 49" du Cherche Midi, ce roman initiatique dense et complètement barré mêlant gangsters, anarchisme, magiciens et beatniks aura de quoi, au choix, vous enchanter ou vous mettre une sale migraine. On y suit, comme on peut, la courte vie de Daniel Pearse, sorte de Harry Potter du Midwest conçu sous LSD, éduqué à la marge du monde par une mère célibataire bientôt assassinée et par les membres d'une société secrète -l'Association des Magiciens et Outlaws- dont le grand chef aimerait mettre la main sur la pierre philosophale, détenue par le gouvernement. Le tout alors que le petit Daniel s'initie autant au poker et au cambriolage qu'au don d'invisibilité, quand un Indien ne lui apprend pas à faire sauter des barrages. Bref, Stone Junction porte bien son nom: il déborde, littéralement, d'idées, de joie de vivre et de fumette. Une ode à la liberté de pensée qui pourrait bien, cette fois, (re)trouver son public.