"The Unseen in Between"

C'est un peu le quatrième mousquetaire. Pas vraiment le plus connu de la clique mais une des plus fines lames (pour ne pas dire gâchette) du singing songwriting à l'américaine. La crème de la crème. Comme Kurt Vile, Kevin Morby et Ryley Walker, Steve Gunn dessine depuis plus de dix ans à la guitare un portrait couleurs rock et folk des États-Unis. Né en Pennsylvanie, Gunn a fait partie des Violators (le groupe de Vile), est très proche d'Adam Granduciel (The War on Drugs) et affiche un amour sans borne pour Michael Chapman (dont il a produit le dernier disque) et John Fahey. Point de départ tragique pour ce énième album (on a depuis longtemps arrêté de les compter), The Unseen in Between a été profondément marqué par un décès. Deux semaines après la sortie d' Eyes on the Lines (son premier disque pour le label Matador), Gunn devait faire face à la disparition de son paternel. Emporté après un combat de deux ans contre le cancer pendant lequel le fils s'était étroitement rapproché du père.

Tout le disque durant, Steve Gunn tisse, tresse, entrelace. On entend les grands espaces souffler, les influences jazzy, le Van Morrison d' Astral Weeks. La voix de Meg Baird et la basse de Tony Garnier, le directeur musical de Bob Dylan. Lightning Field a été inspiré par une oeuvre de land art du même nom créée dans le désert du Nouveau-Mexique en 1977 par l'artiste contemporain Walter De Maria. Une installation de 400 poteaux métalliques qu'on ne peut visiter que sur réservation en allant y passer la nuit. C'est aussi de la sorte, en immersion, que s'apprécient pleinement la musique de Steve Gunn, ses promenades acoustiques ( Morning Is Mended) et ses errances apaisées... Du bien beau travail.

Distribué par Matador.

7

Le 03/04 au Kreun (Courtrai) et le 04/04 à l'Ancienne Belgique (BRDCST).