"Le repas est dans le frigo. C'est de la soupe. Il suffit de la réchauffer."Dans HUIS/MAISON de Suze Milius vous pourriez être accueilli comme cela, sans façons, dans le vif de la maison. HUIS propose l'expérience d'un "nouveau chez soi", d'imaginer le temps d'un soir "qu'on puisse être autrui". Précision de taille: un spectateur par soir/maison. Comment ça marche? La veille de votre "représentation", vous recevrez par SMS l'adresse de "votre" nouvelle maison-réalité. 37 mais...

"Le repas est dans le frigo. C'est de la soupe. Il suffit de la réchauffer."Dans HUIS/MAISON de Suze Milius vous pourriez être accueilli comme cela, sans façons, dans le vif de la maison. HUIS propose l'expérience d'un "nouveau chez soi", d'imaginer le temps d'un soir "qu'on puisse être autrui". Précision de taille: un spectateur par soir/maison. Comment ça marche? La veille de votre "représentation", vous recevrez par SMS l'adresse de "votre" nouvelle maison-réalité. 37 maisons-familles francophones jouent le jeu. Pour préserver l'expérience, on n'en dira pas plus. Sachez que Suze Milius, jeune artiste néerlandaise basée à Bruxelles, travaille sur "le comportement interpersonnel dans toutes ses maladresses et ses gênes". Ici, le spectateur "ne peut plus assister depuis la ligne de touche: il n'y a nulle part où se cacher". Mais, rassurez-vous, le spectacle évite de mettre la pression sur le spectateur-acteur, le glissant plutôt dans le naturel confondant où "on devient un élément d'un nouveau "chez soi"", à explorer d'autres rapports humains (esquissés par l'artiste). Vivre un moment libéré des codes normés, à plonger dans une familiarité/intimité authentique (?) avec des étrangers, à causer là comme ça, est une de ces aventures concrètes qu'auraient apprécié les surréalistes! Un spectateur témoigne: "Je me suis senti chez moi dans un lieu étranger. J'ai rarement été à ce point envahi par une situation -entre autres parce qu'il n'y a pas d'autre public..."À époque chamboulée, spectateur bousculé? Depuis quelques saisons, le Kaaitheater propose, de plus en plus, des participations multiples aux spectateurs -sans perdre le domaine de l'art. Toujours en novembre, dans le cadre du projet européen Ways of (not) Seeing Dance (où la danse se produit à destination aussi des non-voyants), le Kaai affiche deux spectacles axés sur le toucher et la proximité. À expérimenter: la performance Anatomie d'Anne Juren, "une chorégraphie dans ton corps" avec "partition de mouvements pour viscères" (sic), ou encore The Palm of Your Hand II de Vera Tussing, une danse du frôlement en "connivence tacite" avec le public. Anecdote significative: ces deux chorégraphies sont annoncées sous les hashtag #cometogether, #sensations, #tender. Dans la chaleur d'une maison, la tendresse du corps: un Kaai d'automne bien vu, presque une contre-offensive sur l'époque? www.kaaitheater.beNURTEN AKA