Prononcé le 31 janvier dernier, le divorce effectif de la Grande-Bretagne et de l'UE voit s'écrire actuellement son épilogue commercial. Cette séparation qui a inspiré, à divers degrés, des jeux vidéo comme Not Tonight de PanicBarn, Europa Universalis IV et Football Manager 2019, sert de point de départ à Watch Dogs: Legion. Suffoquant entre un gouvernement au bord du gouffre, une milice privée et une technologie liberticide, Londres y clignote dans un futur dystopique. Au joueur d'y provoquer un soulèvement en arpentant une version open world de la City plantée dans un futur proche et glaçant.
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Prononcé le 31 janvier dernier, le divorce effectif de la Grande-Bretagne et de l'UE voit s'écrire actuellement son épilogue commercial. Cette séparation qui a inspiré, à divers degrés, des jeux vidéo comme Not Tonight de PanicBarn, Europa Universalis IV et Football Manager 2019, sert de point de départ à Watch Dogs: Legion. Suffoquant entre un gouvernement au bord du gouffre, une milice privée et une technologie liberticide, Londres y clignote dans un futur dystopique. Au joueur d'y provoquer un soulèvement en arpentant une version open world de la City plantée dans un futur proche et glaçant. Clint Hocking, le directeur créatif de Watch Dogs: Legion, soulignait en janvier dernier qu' "en tant que créateurs de contenu culturel, il était de leur responsabilité de parler de sujets réels qui comptent aux yeux des gens". S'il n'a pas anticipé le Covid, le nouveau monde ouvert d'Ubisoft livre effectivement une vision à peine déformée de notre quotidien, un trip entre Minority Report et Black Mirror. Albion, milice privée surveillant la capitale anglaise, y promeut ainsi un sponsoring de citoyenneté aux migrants qui viennent s'y enrôler. Absentes des précédents volets à Chicago et San Francisco, des technologies émergentes réelles nourrissent ses nouveautés de gameplay. Pour se débarrasser de la police lors d'une course-poursuite dans les rues de Londres, il vous faut pirater et piloter à distance une voiture autonome, de quoi semer le chaos dans la circulation. Les drones ont également envahi la ville. Prendre leur contrôle permet de repérer les points stratégiques d'un immeuble adverse, voire de monter sur l'engin pour atteindre des sommets. Retournant l'arme de la smart city contre l'oppresseur, le gamer tente donc de créer un soulèvement populaire de la capitale en explorant huit quartiers iconiques: Camden, Southwark et autres Westminster claudiquent ainsi entre Histoire et technologie, entre pauvreté crasse et opulence écoeurante. Invitant le joueur à incarner une myriade de personnages hétéroclites -évoquant l'ubiquité des membres du mouvement Anonymous -, Watch Dogs: Legion demande très souvent d'accéder à des lieux ultra sécurisés en utilisant une très large palette d'actions. Comme lors des gunfights, la baston déballe une grammaire entendue (direct, blocage, contre-attaque...). Mais elle se révèle être un dernier recours assez punitif pour le joueur, vu son manque d'intérêt. Nettement plus satisfaisant, le piratage des caméras, serrures et autres objets connectés pullulant dans chaque borough offre à la série un don d'ubiquité unique et toujours aussi captivant. Après avoir piraté un drone, on prend de la hauteur pour contrôler une caméra et "voir" à travers son oeil. De fil en aiguille, on se déplace ainsi virtuellement d'une pièce à l'autre. Cette technique utile pour ouvrir des portes à distance facilite l'infiltration. Distraire un garde en faisant sonner son téléphone puis passer devant son collègue en activant un camouflage optique? Ou faire sauter un compteur électrique pour paralyser ce duo temporairement? La mode des mondes ouverts s'est éteinte, mais malgré quelques platitudes -narratives notamment- Watch Dogs: Legion l'utilise vraiment à bon escient.