À la vue du trailer de Soulmates, on se réjouissait de retrouver certains des personnages -enfin, des acteurs tout du moins- de quelques séries dont les prochaines saisons ont été indéfiniment repoussées (à cause d'un certain virus) ou, comme Billions, charcutée après seulement cinq premiers épisodes gracieusement balancés aux fans en plein premier confinement. Dès les premières secondes, on nous explique habilement...

À la vue du trailer de Soulmates, on se réjouissait de retrouver certains des personnages -enfin, des acteurs tout du moins- de quelques séries dont les prochaines saisons ont été indéfiniment repoussées (à cause d'un certain virus) ou, comme Billions, charcutée après seulement cinq premiers épisodes gracieusement balancés aux fans en plein premier confinement. Dès les premières secondes, on nous explique habilement de quoi il retourne: dans une pub, des hommes et des femmes racontent avec enthousiasme leur bonheur d'avoir trouvé l'âme soeur. Il leur a simplement suffi de passer un mystérieux test proposé par la société Soul Connex, et d'attendre, si ce n'est pas encore le cas, que l'élu en fasse autant. Déjà exploitée dans un épisode de Black Mirror, l'idée est brillante et promet une cascade vertigineuse de possibilités. Ainsi, les personnages ne cessent de se demander les uns aux autres s'ils ont passé LE test. Certains se "tiennent compagnie" en attendant le match tant attendu, d'autres n'oseraient contrecarrer les desseins de la science et n'hésitent pas à briser leur couple pour rejoindre leur promis(e). Comme sa grande soeur (William Bridges, cocréateur de la série, était déjà à l'oeuvre sur Black Mirror), Soulmates est une anthologie. L'action se déroule aussi dans un futur proche et troublant. On cherche des indices (ces croix chrétiennes en néon omniprésentes?), des signes d'une éventuelle profondeur cachée -dans l'avant-dernier épisode, on pense vaguement à l'immense The Leftovers... En vain. Les épisodes, très inégaux et pour la plupart sans grande saveur, n'exploitent que trop peu le canevas de départ. En plus, David Costabile était bien plus à l'aise en wags dans Billions. Le dernier volet, particulièrement sinistre, propose cela dit enfin une idée originale -comme si dans Incassable, de M. Night Shyamalan, Bruce Willis était un être maléfique. Une saison 2 est déjà prévue. Était-ce vraiment nécessaire?