DE JULIEN DECOIN, ÉDITIONS DU SEUIL, 255 PAGES.

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Didier Decoin avait marqué une génération avec John l'enfer, Prix Goncourt 1977. Il avait évoqué avec beaucoup d'émotion sa maison du Cotentin, "celle qui l'habite". Lui aussi conteur talentueux fasciné par le large, son fils Julien Decoin nous propose une histoire d'amour et de mer, d'amours illégales et de mer démontée. Charles traîne derrière lui une image de mort et de culpabilité depuis qu'il n'a rien pu faire pour sauver une jeune conductrice. Catherine vient de perdre son âme-soeur et se sent abandonnée. Elle erre sur les quais de Cherbourg et veut en découdre avec la mort. Charles sera son sauveur. Ces deux écorchés se mentent, s'accrochent l'un à l'autre pour échapper à la réalité. Deux naufragés de la vie, deux personnages lumineux qui tentent une dernière traversée. Pendant trois mois, Charles va tenir un journal de bord qui rendra compte de leur vie vagabonde avec ses désirs, ses espoirs et ses fantasmes. Cette fable est dédiée aux amoureux de la mer et des sensations fortes, ceux qui croient que le large ouvre toutes les utopies. Avec une écriture dynamique et un sens cinématographique de la découpe du récit, Julien Decoin est précis dans ses descriptions marines, en particulier celles du déchaînement des éléments; on tangue avec les personnages, on a des haut-le-coeur et les vagues déferlent sur nos visages.

M-D.R.