"Eton Alive"

Débarqué sur le tard (la trentaine déjà fameusement entamée), Sleaford Mods a secoué ces dernières années l'industrie britannique de la musique. La rage au ventre, les magouilleurs dans le viseur, les opportunistes et les cons à portée de punchlines, Jason Williamson et son beatmaker Andrew Fearn crachent disque après disque la violence de nos sociétés, la colère du peuple, sa frustration et son impuissance à la gueule d'une Angleterre refermée sur elle-même et dirigée par une élite qui n'arrive plus à regarder autre chose que son nombril et sa panse allègrement gonflée par son oisiveté et ses dividendes. Un tandem bien de son temps donc. Même s'il y a, a priori, plus vendeur et excitant que deux quasi-quinquas blancs de Nottingham amateurs de rap et de (post-) punk. Un aboiement par-ci ( Into the Payzone), une sonnerie de téléphone qui donne le ton par-là ( Discourse)... Dixième album en douze ans (Fearn est dans le coup depuis le cinquième), Eton Alive repose toujours en majeure partie sur ses beats minimalistes et la scansion teigneuse de Williamson. Kebab Spider, Top It Up, Subtraction (avec son petit côté The Prodigy) ou encore Flipside suintent sa redoutable efficacité. Mais le petit frère de Mark E. Smith et de Steve Ignorant se met aussi de plus en plus à chanter. Ce qui lui colle quand même nettement moins bien au timbre. Compromission? Sans façon. Observateurs attentifs et mordants, pourfendeurs résignés de la déshumanisation et du capitalisme sauvage, les faux Mods, nouveaux working class heroes, ont déjà décidé de se séparer de Rough Trade et ont sorti leur nouvel album sur leur propre structure: le tout neuf label Extreme Eating. Enjoy mate...

Distribué par Extreme Eating.

7