Révélé avec le siècle par Harry, un ami qui vous veut du bien, Dominik Moll creuse, depuis, un sillon on ne peut plus singulier dans le cinéma français. Ainsi encore de Seules les bêtes, adaptation...

Révélé avec le siècle par Harry, un ami qui vous veut du bien, Dominik Moll creuse, depuis, un sillon on ne peut plus singulier dans le cinéma français. Ainsi encore de Seules les bêtes, adaptation du roman éponyme de Colin Niel, où la disparition d'une femme dans les neiges du causse Méjean sert de point de départ à un thriller à cinq voix voyant l'effervescence d'Abidjan répondre à la solitude du plateau. Adoptant les points de vue successifs des différents personnages (suivant une construction éprouvée depuis Rashomon, de Kurosawa, en 1950), le récit se déploie, tortueux à souhait, dans une atmosphère étrange (sentiment que renforcent les compositions, opaques, de Damien Bonnard et Denis Ménochet). Soit un film de genre habile et malin, et une mécanique de haute précision, traçant incidemment le portrait au stylet d'une époque dont le tempo serait dicté par la misère affective...