C'est reparti, pour la 43e fois: tout ce que la Belgique essentiellement francophone compte de livres, d'écrivains, de lecteurs et d'éditeurs se donne rendez-vous dès le 7 mars à Tour & Taxis. Au programme, une évidence: la littérature de genre, et policière en particulier, fait désormais les beaux chiffres de l'édition belge et mondiale. La preuve par l'hôte d'honneur de cette année, l'Espagne, particulièrement riche en auteurs de polars, et par le thème privilégié de cette édition, "Ecrits meurtriers", qui sera décliné à travers moult ren...

C'est reparti, pour la 43e fois: tout ce que la Belgique essentiellement francophone compte de livres, d'écrivains, de lecteurs et d'éditeurs se donne rendez-vous dès le 7 mars à Tour & Taxis. Au programme, une évidence: la littérature de genre, et policière en particulier, fait désormais les beaux chiffres de l'édition belge et mondiale. La preuve par l'hôte d'honneur de cette année, l'Espagne, particulièrement riche en auteurs de polars, et par le thème privilégié de cette édition, "Ecrits meurtriers", qui sera décliné à travers moult rencontres, dédicaces et débats. La fine fleur du mauvais genre sera sur place, Douglas Kennedy en tête. L'occasion de replacer sur la carte du polar les tendances du moment. La qualité générale a tendance à stagner un peu, mais les polars nordiques gardent la préférence des devantures et des éditeurs. Presque un dogme, érigé par Henning Mankell et Wallander, son commissaire dépressif.On a connu la Perfide Albion plus productrice, même si elle peut compter sur quelques valeurs sûres : Philip Kerr renoue cette année avec son héros historique Bernie Gunther. Le genre se mondialise mais la mère patrie du roman noir n'entend pas se laisser marcher sur les pieds. Douglas Kennedy est l'invité de marque, mais Percival Everett, Ron Rash, Thomas C. Cook et d'autres ferment la marche. Hôte d'honneur, l'Espagne avait rarement produit autant de livres proches du thriller et du polar. C'est bien la seule conséquence positive de la crise socio-économique: elle nourrit la littérature locale et l'encre noire de ses auteurs. Alicia Gimenez Bartlett, dont les compatriotes s'arrachent les histoires de la flic Petra Delicado, fera le déplacement. Une nouvelle génération d'auteurs Japonais s'est fait remarquer cette année, comme Fuminori Nakamura. Et le polar nippon de retrouver des couleurs.Ken Bruen ne sera pas présent, mais les polars irlandais, à commencer par les siens, exhalent actuellement une férocité bienvenue dans un ensemble un peu terne.Les auteurs ne manquent pas, les éditeurs non plus, mais où sont les lecteurs? La Foire sera évidemment l'occasion de nombreux débats sur l'état du polar belge ou en Belgique. Avec entre autres l'incontournable Alain Berenboom. Les grandes maisons n'en ont que pour eux, le grand public aussi: les membres de la Ligue de l'Imaginaire (Franck Thilliez, Loevenbruck, Werber, Chattam) donnent aujourd'hui le "la" du genre, version thriller fantastique ou savant.Son commissaire Montalbano est devenu une star nationale, puis internationale: Andrea Camilleri fait figure de parrain du genre, à 87 ans. Derrière lui, plein de petits jeunes écrivent en noir. On les reconnaît facilement: ils ne pensent qu'à bouffer. OLIVIER VAN VAERENBERGH