DE BRIAN DE PALMA. AVEC AL PACINO, STEVEN BAUER, MICHELLE PFEIFFER. 2 H 50. DIST: UNIVERSAL.
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DE BRIAN DE PALMA. AVEC AL PACINO, STEVEN BAUER, MICHELLE PFEIFFER. 2 H 50. DIST: UNIVERSAL. Une fois dévorées les intégrales de Star Wars et de Lord Of The Rings, l'autre événement Blu-ray de l'automne est à coup sûr la parution au standard numéro un actuel du Scarface de Brian De Palma. Ce film de 1983, libre "remake" d'un classique réalisé 52 ans plus tôt, n'aura pas rencontré un succès énorme à sa sortie. Mais il a durablement marqué le genre du film de gangsters... Exactement comme l'original d'Howard Hawks l'avait fait en son temps. Et il a engendré un phénomène culturel, d'abord symbole ultra violent des années fric, puis référence absolue de toute la mouvance gangsta rap, et de tout petit criminel rêvant de devenir grand et de skier sur une poudreuse d'un genre particulier... Des lignes de coke qui tournent au boulevard, desmitraillettes pratiquant le tir arrosoir, des corps démembrés (vivants!) à la tronçonneuse: le moins qu'on puisse écrire est que ce Scarface donne dans la démesure. Le point de départ du script écrit par Oliver Stone est pourtant d'un réalisme extrême, puisque le récit trouve ses racines dans les mouvements de population menantpêle-mêle, de Cuba aux côtes de Floride, opposants au castrisme et criminels endurcis dont le régime communiste était trop heureux de pouvoir se débarrasser... Tony Montana, le personnage central du film, est de ces "marielitos" (du nom du port de Mariel, à Cuba, où ils s'embarquèrent) qui rongent leur frein dans un camp de réfugiés en projetant leur rêve américain. Celui de Tony passera par le meurtre et le trafic de drogue. Il l'emmènera très haut, sur un fleuve d'argent et de sang, jusqu'à ce que sa petite entreprise connaisse la crise, et que son univers se gangrène jusqu'à une chute (physique, mentale, morale) parmi les plus spectaculaires jamais filmées... Al Pacino signe dans Scarface une interprétation formidable d'intensité poussée au paroxysme. Une performance que le transfert en Blu-ray ne pouvait manquer de magnifier encore, même si la perfection n'est pas rendez-vous. Au rayon bonus, le coffret métallique paré de rouge profond offre l'accès à une copie digitale, le film original de Hawks avec Paul Muni (en DVD et dans un transfert malheureusement faiblard), des documentaires intéressants même si par trop promotionnels, et quelques gadgets. Un des suppléments, court mais passionnant, montre les changements opérés pour le montage -autocensuréd'une version passable à la télé... LOUIS DANVERS