"The Lillywhite Sessions"

Au tournant du siècle, Dave Matthews et son band enregistrent un album avec Steve Lillywhite, producteur britannique croisé au chevet de Siouxsie and The Banshees, The Psychedelic Furs, XTC, les Rolling Stones et U2... Le résultat, trop sombre, trop dépressif, ne plaît pas au label RCA. Dave Matthews est o...

Au tournant du siècle, Dave Matthews et son band enregistrent un album avec Steve Lillywhite, producteur britannique croisé au chevet de Siouxsie and The Banshees, The Psychedelic Furs, XTC, les Rolling Stones et U2... Le résultat, trop sombre, trop dépressif, ne plaît pas au label RCA. Dave Matthews est obligé de l'abandonner. C'est à cette plaque sans nom que Ryley Walker a décidé de rendre hommage. En janvier dernier, le singer songwriter, qui a découvert ces sessions adolescent grâce à un copain de classe, a réenregistré dans leur intégralité les Lillywhite Sessions. Variant les plaisirs et diversifiant les approches. Certains titres font dans l'imitation. D'autres réarrangent complètement les chansons. Entouré du bassiste Andrew Scott Young et du batteur Ryan Jewell, Walker réussit un joli tour de force. D'autant plus bluffant que l'exercice est assez rare. Mick Harvey a bien consacré des disques entiers à des reprises de Gainsbourg mais jamais à un album en particulier. Et quand ce genre de relectures existent, elles sont généralement le fruit d'un travail collectif (comme le label Castle Face et ses amis qui s'attaquent à The Velvet Underground & Nico, Les Inrocks qui fomentent The Smiths Is Dead ou encore la série Record Club de Beck). Tout au plus pense-t-on à Bashung et à sa reprise intégrale de L'Homme à tête de chou. À Pussy Galore qui s'était payé le Exile on Main St. des Stones ou encore au groupe industriel slovène Laibach et à son Let It Be. Intéressant.