"Sideways to New Italy"

Parmi les grands adeptes et ardents défenseurs de la guitare, il y a ceux qui la font hurler, rugir, gronder et ceux qui délicatement la caressent. Il y a ceux, aussi, qui préfèrent la faire rebondir, briller et tournoyer. C'est le cas des cinq Australiens (dont trois gratteux) de Rolling Blackouts Coastal Fever. Fondé en 2013 à Mel...

Parmi les grands adeptes et ardents défenseurs de la guitare, il y a ceux qui la font hurler, rugir, gronder et ceux qui délicatement la caressent. Il y a ceux, aussi, qui préfèrent la faire rebondir, briller et tournoyer. C'est le cas des cinq Australiens (dont trois gratteux) de Rolling Blackouts Coastal Fever. Fondé en 2013 à Melbourne par Joe White, son cousin Fran Keaney et leur pote Tom Russo, RBCF a écumé à ses débuts les mêmes scènes et clubs que Courtney Barnett. Jusqu'à signer sur le prestigieux label Sub Pop et s'imposer dès son premier album ( Hope Downs) comme l'un des plus prometteurs ambassadeurs d'un rock indé lumineux faisant rayonner des mélodies à la Feelies et à la Go-Betweens. La New Italy qui s'est glissée dans le titre de leur nouveau disque est un petit village d'environ 200 habitants fondé par des immigrés vénitiens qui sert aujourd'hui de site célébrant la contribution des Italiens au pays des kangourous, des koalas et des Saints... De quoi renvoyer les jeunes musiciens à leur statut récent de troubadours tentant de trouver un chez-eux dans l'ailleurs. De "créer de l'utopie dans un monde turbulent et imparfait". En dix chansons troussées, RBCF renvoie au rock écossais (Teenage Fanclub) et néo-zélandais (le label Flying Nun) tout en confirmant la redoutable vitalité de la scène australienne. S'ils avaient débarqué dans les années 90 aux grandes heures d'Alternative Nation ou si MTV régnait encore en maître, les Rolling Blackouts Coastal Fever seraient déjà riches et célèbres. Ils rempliraient l'AB et écriraient la BO des adolescences occidentales. Longue vie aux routes secondaires...