Pourquoi les rock critics anglo-saxons sont-ils les meilleurs du monde? Parce que leur langue est l'anglais -et que le rock, quoiqu'on en pense, ne peut se dire qu'en anglais? Parce qu'ils ont connu de plus près les bizarres animaux qui composent la ferme à rockeurs? Parce qu'ils sont plus malins? Q...

Pourquoi les rock critics anglo-saxons sont-ils les meilleurs du monde? Parce que leur langue est l'anglais -et que le rock, quoiqu'on en pense, ne peut se dire qu'en anglais? Parce qu'ils ont connu de plus près les bizarres animaux qui composent la ferme à rockeurs? Parce qu'ils sont plus malins? Qui sait. David Hepworth, en tout cas, coche à lui seul toutes les cases. Ancienne plume à NME, Sounds ou Smash Hits, fondateur visionnaire de Just Seventeen, Q, Empire, More, etc., autant de titres qui suivaient les dernières innovations de la pop culture comme s'ils formaient leur ombre, il a été de tous les backstages et de toutes les fêtes -à l'époque où ça signifiait encore quelque chose. Son Histoire des rock stars, publiée aujourd'hui dans la fantastique collection Rivages Rouge, il l'a donc vécue de l'intérieur -assez, en tout cas, pour savoir qu'elle ne pourrait pas durer. S'ouvrant le 14 septembre 1955, avec la première séance d'enregistrement de Little Richard à La Nouvelle-Orléans et se refermant sur l'introduction en bourse de Netscape le 9 août 1995, signant ce que Hepworth appelle " la revanche des nerds", elle est une fresque haute en couleur, en histoires salaces et en remarques qui sonnent comme un riff de guitare. Certes, ces couleurs sont aussi celles du regret et de la nostalgie -car les rock stars sont bien mortes. Mais, parfois, la nostalgie vaut tous les mosh pits.