" Ce sera le dernier album. Le dernier disque. (...) Tout se termine ici. Mendelson numéro 7. Mendelson, groupe obscur, inconnu, mythique, culte, mon cul!" Roulement lourd de tambour. Regard noir. Jour funeste. Chant du cygne. L'heure est aux funérailles. Quatre ans après avoir dressé un état des lieux acide de notre époque avec Sciences politiques et la relecture en français de protest songs anglo-saxonnes signées Lou Reed, Marvin Gaye, The Stooges, Sonic Youth et Bruce Springsteen, Mendelson rend les armes. Et il le fait dans un disque te...

" Ce sera le dernier album. Le dernier disque. (...) Tout se termine ici. Mendelson numéro 7. Mendelson, groupe obscur, inconnu, mythique, culte, mon cul!" Roulement lourd de tambour. Regard noir. Jour funeste. Chant du cygne. L'heure est aux funérailles. Quatre ans après avoir dressé un état des lieux acide de notre époque avec Sciences politiques et la relecture en français de protest songs anglo-saxonnes signées Lou Reed, Marvin Gaye, The Stooges, Sonic Youth et Bruce Springsteen, Mendelson rend les armes. Et il le fait dans un disque testament. Cinq chansons pour les adieux d'une " forme vivante qui devenait lourde à porter et qu'il fallait débrancher". Cinq chansons pour s'en aller. Calmement. Dignement. Tortueusement. Mais pas sur la pointe des pieds. Mendelson met donc en scène sa propre disparition. " Je ne sais plus quoi dire que je n'ai déjà dit. Le monde était sourd ou bien abruti. Je me croyais poète, prophète, génie. Je ne crois plus comprendre que les incompris. J'ai parlé tout seul pour des malheureux. Malheureux qui parlaient seuls aussi." ( Les Chanteurs) D'une sincérité rare et d'une beauté sinueuse, orageuse, menaçante, Le Dernier Album est aussi l'occasion d'un morceau fleuve, Algérie, qui mêle propos politique et intime nostalgie. Chanson d'amour pour le pays de ses ancêtres juifs... Il ne voulait pas parler de ça. De cette France où ceux qui ne sont pas anti-arabes sont antisémites. Mais entouré par le guitariste Pierre-Yves Louis, ses deux batteurs Sylvain Joasson et Jean-Michel Pirès, puis aussi le saxophone de Quentin Rollet, les claviers de Jean-Baptiste Julien et la contrebasse de Nicolas Crosse, Bouaziz dit ce qu'il a sur l'estomac et sur le coeur, parle avec ses tripes dans des monologues qui prennent aux nôtres. Pour boucler la boucle, il y a La Dernière Chanson du Dernier album majoritairement adressée à Olivier Féjoz, avec lequel Bouaziz a monté il y a un quart de siècle maintenant cet ovni de la scène rock française. " Je me sentais Novoselic devant Kurt Cobain. Tu m'impressionnais beaucoup tu sais." La Dernière Chanson, c'est le résumé d'un long bout de chemin, d'un parcours artistique et humain. 25 ans racontés en 12 minutes 50. Les couloirs de la fac, les promenades au Père Lachaise, à fumer sur les tombes. " Un jour, tu as décidé d'arrêter la musique. Quel mystère. Quel drôle de suicide. Un musicien comme toi aurait pu devenir Charlie Haden, Brian Jones sans la piscine, McCartney sans les Wings. (...) Alors, salut Olivier. Et salut à tous. Public invisible. 25 personnes dans un café." Mendelson tire sa révérence. À célébrer lors de ses "derniers concerts".