Chaudement recommandée en ces pages, l'exposition Riding Modern Art de Raphaël Zarka noue un lien audacieux entre le skate et la sculpture moderne. Pas encore été sur place ? Pas bien. Il ne faudrait pas traîner vu que, dès le 8 janvier, les modules et les photographies appropriationnistes du plasticien français mettront les voiles. Besoin d'un petit stimulant ? Depuis la mi-novembre, la programmation en ...

Chaudement recommandée en ces pages, l'exposition Riding Modern Art de Raphaël Zarka noue un lien audacieux entre le skate et la sculpture moderne. Pas encore été sur place ? Pas bien. Il ne faudrait pas traîner vu que, dès le 8 janvier, les modules et les photographies appropriationnistes du plasticien français mettront les voiles. Besoin d'un petit stimulant ? Depuis la mi-novembre, la programmation en question est augmentée d'une "Extra View" bicéphale. But de la manoeuvre ? "Enrichir le regard porté sur l'art." L'intention est d'autant plus louable qu'elle fait place d'un côté aux toiles de Thomas Mazzarella et de l'autre à une installation-work in progress signée par le duo Mon Colonel & Spit dont l'actualité 2017 aura été bien chargée. Avec Que Será, Mazzarella poursuit un travail initié il y a plusieurs années. Après un début dans le graffiti, l'artiste s'est intéressé à la peinture à l'acrylique qu'il a déployée sur des supports récupérés dans la rue (bois, aggloméré, carton...). Désormais, c'est la peinture à l'huile qui constitue son ordinaire ainsi que le sujet de la présente exposition. Elle lui sert à décliner des scènes du quotidien aux contours doux-amers. Le style est naïf et les couleurs éclatantes de certains de ses aplats ne sont pas sans évoquer David Hockney. Le tout pour une peinture biberonnée aux jeux vidéo, aux séries américaines et à la montée en puissance d'Internet dans nos vies. Comme à l'habitude, la paire Mon Colonel & Spit s'est employée, quant à elle, à soigner le modus operandi de son intervention. Pour ce faire, Eric Bassler et Thomas Stiernon se sont aménagé une cabane en carton au coeur du musée. Depuis cet éphémère habitat dans lequel ils ont passé plusieurs nuits, ils signent à quatre mains dessins, écrits et céramiques inspirés, comme toujours chez eux, de leur quotidien le plus direct. Le tout pour un mélange de formes et de mots tout à fait détonant.