" Arrivés à Damas, on ne sent plus du tout la guerre." Atteignant la Syrie depuis le Liban, Christophe Donner dresse le constat d'un pays qui n'a plus rien à voir avec celui d'avant la guerre civile et de l'avènement de Daech, mais qui fait mine d'être resté le même. Mais que sont-il allé...

" Arrivés à Damas, on ne sent plus du tout la guerre." Atteignant la Syrie depuis le Liban, Christophe Donner dresse le constat d'un pays qui n'a plus rien à voir avec celui d'avant la guerre civile et de l'avènement de Daech, mais qui fait mine d'être resté le même. Mais que sont-il allés faire dans cette galère? La question est parfaitement idoine à la lecture du court récit que l'auteur d' À quoi jouent les hommes? nous retrace dans ses pages. Lui, un autre écrivain, un photographe et un cinéaste se retrouvent à Damas pour accompagner Adnan Azzam, auteur-aventurier fantasque désirant relier la Syrie à Moscou à dos de jument. Sous prétexte d'avoir les bonnes grâces du régime et de renforcer des liens franco-syriens détruits par les années de guerre, il prend à témoin le quatuor qui déchantera vite lorsque tous s'apercevront avoir été les " idiots utiles au régime". Surtout quand le cavalier fait passer Jean-Louis Gouraud, spécialiste de la question équine, pour le petit-fils d'un général de l'époque coloniale. Enchaînant les sueurs froides, ils sont pris dans le délire de leur hôte. À défaut de s'attarder en détail sur un pays brisé -et toujours en guerre-, Donner relate sans fioriture mais avec l'humour de l'incrédule cette sensation d'avoir été le pion d'un jeu de dupes. Reste aussi le regard en creux sur un pays autocratique endormi dans un nationalisme de façade.