" C'est dans le bordel ambiant, alors que ça craque de partout, que ça coince et que ça hurle, que nous bouclons notre dernier numéro. En guise d'adieu, on vous offre le grand BOUM!". Ainsi commence le nouveau -et dernier- Psikopat, qui ne change presque rien à ce qu'il sait faire depuis plus de 35 ans: du gag adulte bête, parfois méchant, toujours drôle, des planches, du cartoon, des humeurs et des amis. Plein, qui se sont succédé dans ce qui restait jusqu'à aujourd'hui le dernier "vrai" magazine BD indépendant, sans p...

" C'est dans le bordel ambiant, alors que ça craque de partout, que ça coince et que ça hurle, que nous bouclons notre dernier numéro. En guise d'adieu, on vous offre le grand BOUM!". Ainsi commence le nouveau -et dernier- Psikopat, qui ne change presque rien à ce qu'il sait faire depuis plus de 35 ans: du gag adulte bête, parfois méchant, toujours drôle, des planches, du cartoon, des humeurs et des amis. Plein, qui se sont succédé dans ce qui restait jusqu'à aujourd'hui le dernier "vrai" magazine BD indépendant, sans pub, sans grosse maison d'édition et sans sponsor derrière lui, uniquement financé par ses abonnements et ses achats en kiosque. Un modèle de DIY fait en famille qui aura connu en trois décennies plusieurs vies et quelques morts. Celle-ci, sur papier en tout cas, semble bel et bien définitive: " Je vous dois la vérité, je fatigue", explique ainsi Carali dans son 314e et dernier édito. " Ce n'est pas de fabriquer le journal qui me pèse, au contraire, ça reste un plaisir et un bonheur tous les mois. C'est la gestion de notre SARL de presse qui me crève. J'exerce depuis 35 ans un métier qui n'est pas le mien". Dont acte: le Psikopat s'arrête, entre larmes et éclats de rire. C'est en 1982, sous la forme d'un fanzine de quelques pages imprimées en offset, que Le petit Psikopat prend forme. On y trouve déjà, outre évidemment Carali, quelques amis d'Hara-Kiri ou de Charlie, dont Édika, Gudule et bientôt Choron. Fidèle à sa ligne libertaire et ouverte, "le Psiko" accueillera ensuite à peu près tout ce que la BD compte d'auteurs indés et drôles, surtout à leurs débuts, quand personne n'en voulait: Goossens, Binet, Hugot, Luz, Schlingo, Mattt Konture, Bouzard, Lécroart... Beaucoup y reviennent aujourd'hui pour "fêter" ce dernier numéro double qui restera trois mois en kiosque: Lewis Trondheim, JC Menu, Pixel Vengeur, Lasserre, Besseron, JBGG, Troud, Jürg... Tous se fendent d'une page hommage qui vient accompagner un numéro "normal", comme d'habitude thématique -cette fois-ci, "le chaos"- et comme d'habitude rempli d'amis et de petits jeunes qui ne demandent qu'à percer. Ceux-là devront -bonne chance- se trouver un nouveau terrain de jeux et d'apprentissage. Si la presse papier souffre (dans un tout autre genre, le Lanfeust Mag s'arrête aussi), le numérique sera peut-être le dernier endroit où l'on se marre: Olivier Ka et Melaka, les enfants de Carali, qui co-géraient le journal avec lui, prépareraient " une sorte de suite, mais indépendante, peut-être sur le Net". D'ici là, il n'est pas trop tard mais grand temps de s'offrir un Psiko.