Les héros sont fatigués. Les anti-héros encore plus. Alors quand ils sont flics... Prey offre en deux saisons deux histoires policières différentes, mais reliées par la hiérarchie qu'incarne la détective Reinhardt (Rosie Cavaliero). Le premier volet passe l'agent Marcus Farrow de la p...

Les héros sont fatigués. Les anti-héros encore plus. Alors quand ils sont flics... Prey offre en deux saisons deux histoires policières différentes, mais reliées par la hiérarchie qu'incarne la détective Reinhardt (Rosie Cavaliero). Le premier volet passe l'agent Marcus Farrow de la police de Manchester au rouleau compresseur avant de l'éparpiller façon puzzle. Accusé à tort du meurtre sauvage de son ex-femme et de ses fils, comprenant qu'il est au centre d'un complot visant à le faire tomber, il prend la tengente et entre dans une folle course contre la montre pour trouver les assassins et en même temps sauver sa peau. Si ce n'est pas la meilleure manière de prouver son innocence à sa supérieure, c'est le point de départ d'une intrigue qui distribue les coups de poings et les coups de force visuels, n'hésitant pas à traîner littéralement son protagoniste principal dans la boue et les carambolages, dans une cavalcade nourrie au trauma et à la dépression latente. En trois épisodes, Chris Lunt parvient à installer Farrow en flic chiffoné, essoré, mais puisant dans ses ultimes forces -bien aidé par la prestation au bout du scotch de John Simm ( Doctor Who, Life on Mars)- et à faire sentir les rouages invisibles mais implacables de la machination, rythmée par des dialogues d'où transpire la verve mancunienne.