à l'heure de célébrer la belle aventure d'un cinéma belge francophone hors norme, et de sa reconnaissance internationale que les festivals ne cessent de propager, le poil à gratter de l'absence d'adhésion du public local devait se fai...

à l'heure de célébrer la belle aventure d'un cinéma belge francophone hors norme, et de sa reconnaissance internationale que les festivals ne cessent de propager, le poil à gratter de l'absence d'adhésion du public local devait se faire sentir. Inévitablement. Mais de là à imaginer que la ministre de la Culture Alda Greoli (photo) lâche en pleine conférence de presse de 50/50 "Pourquoi les Belges ne nous aiment pas?"... La question semblait aussi spontanée qu'elle n'est réductrice. Les raisons du peu d'enthousiasme populaire pour un cinéma perçu (à tort) comme élitiste ou ennuyeux, ne peuvent s'assimiler à un "ils ne nous aiment pas" façon Calimero. L'étroitesse du marché (quatre millions d'habitants dans la Communauté Wallonie-Bruxelles), l'absence de sens identitaire fort (qu'ont par contre les Flamands), l'omniprésence d'un voisin puissant et de même langue (la France bien sûr, de la même façon que l'Allemagne phagocyte le public potentiel du cinéma autrichien) sont entre autres à envisager. Il n'y a pas de solution miracle. Accepter de vivre et d'encourager un artisanat fécond, plutôt que de rêver d'une improbable industrie, n'aurait rien de sot.