Plus de dix ans après Naissance des pieuvres, le film qui les révélait l'une et l'autre, Portrait de la jeune fille en feu consacre les retrouvailles fort attendues de Céline Sciamma et Adèle Haenel. La réalisat...

Plus de dix ans après Naissance des pieuvres, le film qui les révélait l'une et l'autre, Portrait de la jeune fille en feu consacre les retrouvailles fort attendues de Céline Sciamma et Adèle Haenel. La réalisatrice de Bande de filles y fait une incursion dans le film d'époque, puisque la France corsetée du XVIIIe siècle offre un cadre austère à la relation rapprochant bientôt une jeune peintre (Noémie Merlant) et celle dont elle doit réaliser le portrait de mariage à son insu (Adèle Haenel)... Et signe une oeuvre vertigineuse, transcendant les contraintes du genre pour donner à son propos un écho résolument contemporain, non sans réussir à cerner dans un même tourbillon le feu de la passion amoureuse naissante et l'écho ravi comme troublé de son souvenir. C'est dire s'il y a là aussi, porté par deux actrices en état de grâce comme par un élan créatif souverain, un geste de cinéma incandescent et sensuel, sans conteste le plus beau film qu'il soit donné de voir en 2019...