Borgen - saison 3
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Borgen - saison 3 UNE SÉRIE DR1 CRÉÉE PAR ADAM PRICE. AVEC SIDSE BABETT KNUDSEN, BIRGITTE HJORT SORENSEN, SOREN MALLING. DIST: TWIN PICS. 7 Le Danemark est un petit pays. Un peu plus de 5,6 millions d'habitants. Ce qui n'a pas empêché Borgen de réunir, chaque semaine, jusqu'à 1,61 million de curieux. Carton. Lancée en septembre 2010, la fiction signée par Adam Price fait partie des phénomènes qui, depuis quelques années déjà, ont permis aux séries scandinaves d'intégrer le cénacle des fictions qui comptent. Politique jusqu'au bout des doigts, la série raconte l'ascension de la centriste Birgitte Nyborg qui, dans la première saison, devenait Premier ministre un peu par hasard. Mais puisque la fonction fait la femme, cette mère de deux enfants finissait par endosser le poste avec rigueur et autorité. Or, plus Birgitte s'affirmait dans son métier, plus elle perdait le contrôle dans sa vie privée... Abordée frontalement par Adam Price, la démocratie danoise était également croquée par le biais de ses journalistes, notamment la très intègre et très jolie Katrine Fonsmark. Dans ce troisième volet de dix épisodes, Birgitte Nyborg a quitté Borgen, le siège du parlement. La saison 2 se clôturait en effet sur des élections anticipées qu'elle n'a donc pas remportées. On la retrouve deux ans plus tard, de conférences en conférences, avant que son successeur au sein du parti centriste ne prenne des positions qu'elle ne peut tolérer. C'est l'heure du retour en politique... La force de cette troisième saison, du moins dans ses premiers épisodes, est de renouer avec la dynamique de l'ascension. Par là-même, Adam Price et ses coscénaristes évitent le systématisme qui était peut-être le seul gros point faible de Borgen, surtout dans sa saison 2. Car si les intrigues parallèles -notamment la relation entre Katrine Fonsmark et Kasper Juul, le conseiller en communication de Birgitte- n'ont jamais cessé d'évoluer au fil des saisons, le volet politique a souvent été cuisiné à la sauce "un épisode = un thème", ce qui nous a parfois paru un peu rébarbatif, voire artificiel. Dans la saison 3, Birgitte recrée un parti, se voyant de facto obligée de tout réinventer: elle nous entraîne alors dans son élan, relançant si pas l'intérêt de la série, du moins sa fonction addictive. Rapidement pourtant, les anciennes formules refont surface: Price prend un problème de société (par exemple la traite des porcs dans les élevages industriels), crée une intrigue autour de ce thème et clôt ladite intrigue en fin d'épisode, parfois au détriment de la crédibilité du récit. Un peu lassant, le procédé est heureusement sauvé par les multiples atouts de la série: une peinture ciselée des coulisses d'une démocratie européenne portée par des dialogues et une interprétation solides. Des qualités qui, aux points, l'emportent largement sur les défauts d'une série qui restera dans les annales. GUY VERSTRAETEN