Dix lieux au confluent de la Lys et de l'Escaut. Soixante groupes pop et rock. Au sens large du terme. Avec des résonances folk, blues, shoegaze, électro... Puis surtout une vingtaine de nationalités européennes. Espagnole, luxembourgeoise, suisse, islandaise... Les 16 et 17 décembre, Gand accueillera la première édition du Glimps Festival. Dans l'esprit d'Eurosonic, à Groningen, ou du MaMa, à Paris, le Glimps est un festival de découvertes. Son concept? Attirer l'attention sur des groupes et artistes talentueux venus de régions européennes qui ont trop rarement l'opportunité de se retrouver à l'affiche de clubs et de festivals étrangers. Ouvert au grand public (20 euros le week-end), le Glimps, monté par les boîtes de management Rockoco et Keremos en partenariat avec le club itinérant Democrazy, est avant tout destiné aux professionnels de l'industrie musicale. Représentants de label, tourneurs, progr...

Dix lieux au confluent de la Lys et de l'Escaut. Soixante groupes pop et rock. Au sens large du terme. Avec des résonances folk, blues, shoegaze, électro... Puis surtout une vingtaine de nationalités européennes. Espagnole, luxembourgeoise, suisse, islandaise... Les 16 et 17 décembre, Gand accueillera la première édition du Glimps Festival. Dans l'esprit d'Eurosonic, à Groningen, ou du MaMa, à Paris, le Glimps est un festival de découvertes. Son concept? Attirer l'attention sur des groupes et artistes talentueux venus de régions européennes qui ont trop rarement l'opportunité de se retrouver à l'affiche de clubs et de festivals étrangers. Ouvert au grand public (20 euros le week-end), le Glimps, monté par les boîtes de management Rockoco et Keremos en partenariat avec le club itinérant Democrazy, est avant tout destiné aux professionnels de l'industrie musicale. Représentants de label, tourneurs, programmateurs... " Là où Eurosonic attire beaucoup de Scandinaves et de Danois, le MaMa accueille des Portugais et des Espagnols, qu'on voit relativement peu dans les autres festivals du genre, explique l'un de ses organisateurs, Maarten Quaghebeur, de Rockoco. Je pense que la situation géographique de la Belgique et de Gand, au carrefour de l'Europe, est particulièrement intéressante pour ce genre d'événements." Si Koen Gisen, la moitié d'An Pierlé, programmateur au Vooruit, a concocté l'affiche de cette première édition, c'est sur la base de propositions faites dans chaque pays par un tandem composé d'un journaliste et d'un programmateur locaux. Le Glimps accueillera par exemple la jeune singer songwriteuse finlandaise Mirel Wagner. Genre de Leonard Cohen au féminin. Puis aussi des groupes slovaques (Diego, Longital), hollandais (I am Oak, Blaudzun...) ou encore italiens (Lilies on Mars)... " Les médias, les organisateurs et le public connaissent la musique américaine et anglaise mais ils sont nettement moins familiers des scènes locales européennes", reprend Maarten. Prenez le mois de janvier au Bota. Quelques Belges, des Français, The No-twist et une organisation extérieure exceptés, tous les artistes pour l'instant à l'affiche sont anglais ou américains. Et le constat n'est pas bien différent à l'Ancienne Belgique. Deux institutions qui consentent pourtant de vrais efforts en quête de diversité et d'exploration.On ne réécrit pas comme ça sur un coin de table toute l'histoire du rock et de la pop... La hausse de qualité générale en Europe et l'apparition de scènes "exotiques" ont bien du mal à contrebalancer le poids du passé et à détrôner les régions où ces genres sont nés. Emplâtres sur des jambes de bois, les aides à l'exportation, les quotas imposés pour pousser la production locale ou les chansons dans la langue nationale n'y font rien ou pas grand-chose. La musique anglo-saxonne continue de dominer le marché européen. Et les majors Universal, Warner, EMI, Sony comme les gros indépendants tel V2 continuent d'imposer les artistes américains et britanniques sur nos ondes et en tête de gondoles de nos magasins. L'hégémonie américano-anglaise est aussi fortement liée au mode de fonctionnement de l'industrie. Les sièges des majors sont aux Etats-Unis. Les bureaux internationaux européens à Londres. C'est là que tout ou du moins beaucoup de choses se décident. " Les professionnels et la plupart des gens qui aiment la musique suivent par ailleurs des publications comme le UNCUT ou le NME, poursuit Maarten Quaghebeur. Ces médias de référence, leaders d'opinion, sont anglais et pèsent sur l'industrie du disque. Un morceau chez Jools Holland a plus d'impact qu'un passage au Laatste Show." C'est dû au nombre de téléspectateurs devant leur petit écran, évidemment, mais aussi à l'aura internationale, au rayonnement que peut avoir une émission culte de la BBC. Si le Glimps se bat pour l'égalité des chances, ou du moins lutte contre une écrasante domination, il entend aussi donner un coup de pouce aux groupes de chez nous. " Nous vivons dans un petit pays avec beaucoup de salles, de clubs, de festivals mais un marché trop petit pour suffire à une carrière professionnelle. Nous voulons donc aider les artistes belges à s'exporter." Les prochains Arctic Monkeys seront-ils portugais, suédois ou autrichiens? " Je pense qu'il y a partout des groupes à potentiel international. Mais le Glimps est une sorte de test. Un exercice." Copie corrigée fin du week-end. l LES 16/12 ET 17/12, À GAND. AVEC THE EXPERIMENTAL TROPIC BLUES BAND, THE BONY KING OF NOWHERE, BRNS, SCHOOL IS COOL, CASCADEUR... TEXTE JULIEN BROQUET