En 2003, une photographe bientôt quadragénaire se tue en voiture, alors qu'elle traversait de nuit, et du nord au sud, l'Île de Beauté. Passionnée depuis l'enfance par les prises de vue un appareil en main, elle n'avait jamais trop su choisir à quels terrains ni publics réserver son indéniable expertise: aux photos "rangs d'oignons" de la presse locale, aux combattants des zones de guerres, au chiqué grands sourires des cérémonies de mariage? C'est dans cet ordre et sur différents terrains -Corse, ex-Yougoslavie, re-Corse- qu'Antonia avait tenté de donner un sens à sa passion, toujours empêtrée pourtant entre les pesanteurs identitaires ...