Réalisateur des mémorables Magnolia ou autre There Will Be Blood, Paul Thomas Anderson raconte s'être inspiré, pour Phantom Thread, des romances gothiques telles qu'elles fleurissaient dans les années 40, le Rebecca d'Alfred Hitchcock en particulier. Et il y a de cela, bien sûr, dans ce film étouffant, voyant surgir dans la vie de Reynolds Woodcock (Daniel Day...

Réalisateur des mémorables Magnolia ou autre There Will Be Blood, Paul Thomas Anderson raconte s'être inspiré, pour Phantom Thread, des romances gothiques telles qu'elles fleurissaient dans les années 40, le Rebecca d'Alfred Hitchcock en particulier. Et il y a de cela, bien sûr, dans ce film étouffant, voyant surgir dans la vie de Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis), couturier de haut vol régnant, avec sa soeur Cyril (Lesley Manville), sur le monde de la mode anglaise des années 50, Alma (Vicky Krieps), une jeune femme bien décidée à ne pas être qu'une muse-compagne de passage... Et l'histoire d'adopter son point de vue tandis qu'elle s'engage dans l'inconnu vénéneux d'une relation amoureuse chargée d'ambiguïté et de mystère. Une matière trouble dont PTA tire un parti magistral, signant une mise en scène d'une funèbre élégance, tandis que l'intrigue se déploie en un modèle de raffinement cruel, idéalement servie par une distribution étincelante -Daniel Day-Lewis brille, comme de coutume, dans ce qui devrait être sa dernière apparition à l'écran- qu'enrobe la partition romantique de Jonny Greenwood. S'inscrivant dans la continuité de l'oeuvre -de There Will Be Blood, par son côté obsessionnel, à The Master, par son environnement toxique et claustrophobe-, Phantom Thread est sans doute le film le plus abouti de son auteur, un chef-d'oeuvre en mode haute-couture dont plusieurs visions ne suffisent pas à épuiser toutes les richesses. En bonus, Paul Thomas Anderson s'épanche brièvement sur sa méthode de travail à la faveur de tests caméras (et notamment sur les qualités picturales de Vicky Krieps, épatante révélation du film) mais aussi de repérages divers. Un must absolu.