"Peindre est comme réaliser un portrait permanent, comme un kata en karaté. Chez Balthus ou Giacometti, on sent une urgence, une homogénéité, une obligation de choix anatomique. La peinture, comme la musique, utilise les matériaux et les surimpressions mais cette peinture qui ne parle pas, c'est elle qui explique le mieux ce que j'ai fait. Cette pulsion, cette éjaculation graphique, cette précision académique, c'est ce qu'il n'y a pas de visible dans la musique." Manset s'arrête, respire et rajoute dans un demi-sourire: " Tout cela est très fumeux, non?" A Bruxelles pour parler de la soixantaine de ses toiles exposées au Grand Sablon, Manset ressemble à ses huiles, acryliques, mines de plomb et lavis qui garnissent les trois étages clairs de la galerie (1): tout en strates -parfois antinomiques- comme ses photos rehaussées de peinture et son autoportrait brouillé évoquant un Gauguin sous mescaline. Sinon, le dessin prédomine les compositions, des tracés de femmes, des esquisses de visages, des contours qui, parfois aussi, s'emplissent de couleurs chaudes et de jeux cubistes faisant monter le sang à la tête. " Ce n'est pas de l'ima...