Moyennement grand, les cheveux courts cendrés, une chemise de fines lignes, un bon coup de fourchette, 50 piges: Paul-Henri, comme tout le monde l'appelle, évoque à la fois un cadre jeuniste et un théoricien boulimique. Ce jour de cendres islandaises, au Café Bota, attablé devant une belgitude typique (steak, pdt frites), PH est de bonne humeur. Il l'est souvent, même si son tempérament pe...

Moyennement grand, les cheveux courts cendrés, une chemise de fines lignes, un bon coup de fourchette, 50 piges: Paul-Henri, comme tout le monde l'appelle, évoque à la fois un cadre jeuniste et un théoricien boulimique. Ce jour de cendres islandaises, au Café Bota, attablé devant une belgitude typique (steak, pdt frites), PH est de bonne humeur. Il l'est souvent, même si son tempérament peut aussi convoquer des man£uvres que d'autres qualifient de "panzer" dans le travail collectif. Lui parle plus volontiers de "mobilisation" de ce bateau Bota dont il est le second, en binôme avec Annie Valentini, boss au quotidien. Les pavés en bataille devant l'Orangerie -les précédents ne correspondaient pas aux critères des Monuments et Sites- n'érodent pas son enthousiasme: "J'aime l'idée de chantier perpétuel, le Bota emploie 45 personnes à l'année, dans le cadre d'un monument classé historique: il n'y a pas souvent un tel contraste entre le patrimoine et une activité aussi intense." Intense, le Bota l'est indéniablement, collectant 250 soirées rock à l'année, soit environ 500 groupes, dont le quota belge est d'un tiers, correspondant ainsi aux termes d'un contrat-programme signé avec la Communauté Française. Construit en 1827, "déjà avec des subventions, alors de l'occupant hollandais et de l'entité de Bruxelles, le Bota était aussi une institution scientifique et un lieu de pédagogie pour les cultivateurs". On y aurait donc découvert le chicon au milieu du XIXe siècle, soit 130 ans avant l'arrivée de PH -aucune connexion- dans ce vénérable lieu qui, à l'époque (1988), étire une paresseuse programmation socio-cul. (1) en 2006, partant à la retraite, le directeur du Bota, Georges Dumortier, puissamment soutenu par son parti (le PS), tentera d'imposer un successeur de la même couleur politique. À l'automne, il passe 2 semaines en préventive suite à diverses malversations financières... u voir aussi notre sélection page 10. Philippe Cornet