Cette image, c'est du tout cuit, me suis-je dit. Je vais pouvoir raconter comment des femmes anonymes ont participé à la conquête spatiale dans les années 60 sans que personne n'en fasse état. Pour confirmer mon intuition, j'ai demandé à la journaliste qui me commandait ce texte de me fournir des informations sur les conditions exactes de la prise de vue. Elle m'a répondu que ce n'était pas nécessaire, que je n'avais pas besoin de savoir pour écrire une fiction. J'aurais dû me méfier. Quand on ne livre pas toutes les données, c'est qu'il y a anguille sous roche. En plus, je n'ai pas osé le lui avouer mais moi, je ne sais pas construire des fictions qui se promènent toutes seules, comme détachées du monde, j'ai besoin pour y croire qu'elles s'accrochent et se lient, d'une manière bizarre mais avérée, à des événements réels. J'ai donc cherché de mon côté. Mal m'en a pris. Parce que j'ai trouvé. Et tout mon raisonnement s'est écroulé d'un coup. Paf.
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