Shaun the Sheep
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Shaun the Sheep DE MARK BURTON ET RICHARD STARZAK. 1 H 25. DIST: LUMIÈRE. 9 Souvenirs de Marnie DE HIROMASA YONEBAYASHI. 1 H 43. DIST: LUMIÈRE. 8 "Feels Like Summer", y chante Tim Wheeler. Et en effet, il plane sur Shaun the Sheep, dernière production Aardman en date, un délicieux parfum estival. Avec ce film, les studios de Bristol renouent avec leurs fondamentaux, une animation en pâte à modeler qui a fait leur réputation de Wallace & Gromit en Chicken Run. Et de s'atteler, cette fois, aux aventures de Shaun le Mouton, personnage apparu il y a tout juste 20 ans dans A Close Shave avant d'être la vedette d'une série télévisée, et qui gagne pour le coup ses galons de star du grand écran. L'histoire débute lorsque, las de la routine présidant au quotidien de la ferme de Mossy Bottom, Shaun décide de prendre un jour de congé. Petite cause, grands effets: un singulier concours de circonstances plus tard, et les voilà, lui et son petit troupeau, perdus dans la grande ville, à la recherche d'un fermier devenu amnésique, et à la merci d'un redoutable employé de la fourrière... La suite est un véritable régal, résultant en un long métrage sans paroles mais pas sans esprit, où les gags se succèdent sur un rythme échevelé n'excluant pas pour autant l'émotion, le tout bercé par une humeur aussi primesautière que résolument british. Soit un modèle d'animation inspirée, et quelque chose comme la quintessence des créations Aardman, les compléments Blu-ray invitant par ailleurs le spectateur dans les différents départements du studio pour une brève mais passionnante visite guidée. A l'instar d'Aardman, les studios Ghibli, au Japon, ont développé une ligne graphique identifiable entre toutes. Souvenirs de Marnie, le deuxième long métrage de Hiromasa Yonebayashi, l'auteur de Arrietty, s'inscrit ainsi limpidement dans la lignée de l'oeuvre des glorieux aînés, les Hayao Miyazaki et autre Isao Takahata. Inspiré du livre pour enfants éponyme de Joan G. Robinson, le film raconte l'histoire d'Anna, gamine solitaire que sa mère adoptive envoie dans un petit village côtier afin d'y soigner son asthme. Et qui, au cours de ses promenades, va découvrir une villa désolée lui laissant une étrange impression de déjà-vu, où elle se liera d'amitié avec la mystérieuse Marnie. Mélodrame délicat comme envoûtant, Souvenirs de Marnie ondule grâcieusement entre rêve et réalité, adoptant des contours fantastiques pour explorer le mal-être et l'imaginaire adolescents. A défaut de l'audace d'un Miyazaki, il y a là une oeuvre sensible, un brin sentimentale sans être mièvre pour autant, modèle de poésie laissant le spectateur à une douce et persistante mélancolie... JEAN-FRANÇOIS PLUIJGERS