Pris dans le tourment des expositions de la rentrée, on n'avait pas encore eu l'occasion de découvrir la programmation de la Centrale. Consacrée à Xavier Noiret-Thomé et Henk Visch, celle-ci promettait pourtant un passionnant dialogue entre peinture et sculpture. Rattrapé par une fermeture à laquelle on ne croyait pas, il a bien fallu effectuer ses devoirs en ligne -ce qui, on ne le ré...

Pris dans le tourment des expositions de la rentrée, on n'avait pas encore eu l'occasion de découvrir la programmation de la Centrale. Consacrée à Xavier Noiret-Thomé et Henk Visch, celle-ci promettait pourtant un passionnant dialogue entre peinture et sculpture. Rattrapé par une fermeture à laquelle on ne croyait pas, il a bien fallu effectuer ses devoirs en ligne -ce qui, on ne le répètera jamais assez, ne saurait remplacer la confrontation physique avec l'oeuvre. Heureusement, en la matière, l'institution bruxelloise n'y va pas avec le dos de la cuillère puisqu'elle diffuse d'alléchants contenus pluriels, depuis son site web aux médias sociaux en passant par la chaîne Vimeo et même la page Spotify du centre. Sur la plateforme vidéo, c'est d'abord le principe du "vu à travers les yeux" qui séduit. Une guide francophone, Lucie Burton, explique, à la faveur d'une courte capsule, son coup de foudre au sein de Panorama. Enthousiaste, la jeune femme s'arrête sur une sculpture de Visch donnant à voir trois créatures indéterminées ( notre photo). Elle risque une intéressante interprétation qui assimile le trio à un motif identifié de l'Histoire de l'art, celui des Trois Grâces. Dans la version du sculpteur néerlandais, celles-ci auraient perdu la joie et la sensualité tactile qu'on leur devine chez Rubens ou Raphaël, par exemple. En d'autres termes, il serait question de ces figures mythologiques au temps du Covid-19, preuve que décidemment tout nous y ramène. Côté Spotify, on savoure la playlist de Xavier Noiret-Thomé, qui s'ouvre sur un tonitruant et délicieux -cette incroyable façon de rouler les "r"- discours de James Ensor lors de la rétrospective que lui a consacrée le Palais des Beaux-arts en 1929. Il y est aussi question de Paul Simon, des Crayons de Bourvil, de Moondog ou encore de CocoRosie.