De Jean Harambat, Éditions Dargaud, 176 pages.
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De Jean Harambat, Éditions Dargaud, 176 pages. 7 Jean Harambat est un amoureux de l'Histoire. C'est donc en véritable historien qu'il aborde ses BD, faisant intervenir plusieurs témoins contemporains dans un récit sur Ulysse par exemple. Pour Opération Copperhead, il intègre des extraits des bios des principaux protagonistes qui -le lecteur va le découvrir- ne sont pas des inconnus. Par contre, c'est à un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale qu'il s'attaque. En 1943, les alliés, qui préparent l'invasion de l'Europe par l'ouest, tentent différentes opérations de diversion pour cacher aux forces de l'Axe le lieu réel du futur débarquement. Le colonel Dudley Clarke, spécialisé dans ce genre de sport, contacte le très flegmatique lieutenant-colonel David Niven, fraîchement revenu des USA pour servir sa Gracieuse Majesté au département cinématographique de l'armée. Sa mission est de trouver une doublure du célèbre général Montgomery, que l'on baladera le moment venu en Algérie sur les côtes méditerranéennes pendant que le vrai "Monty" supervisera l'opération Overlord. Il s'adjoint pour ce faire les services d'une ordonnance, le "private" Peter Ustinov. À trois, ils se mettent en chasse de l'acteur parfait. Ils jettent leur dévolu sur un troufion australien du nom de M-E Clifton-James, comédien à ses heures. Si la ressemblance physique est frappante, la personnalité du gars est à l'opposée du général: ils vont donc le transformer en meneur d'hommes, sobre et végétarien! La tâche sera rude. D'autant que Londres est un nid d'espions et que David Niven, qui est déjà une star à l'époque, tombe dans les rets d'une chanteuse de music-hall au charme ravageur. Tout cela fleure bon le tweed, "l'afternoon tea" et les scones. On se croirait dans un John le Carré, l'humour ravageur en plus. Et last but not least, le dessin de Jean Harambat, façon Miroslav ?a?ek, se prête parfaitement à ce récit jubilatoire. C.B.