Il s'appelle François Bourguet. Il est le seul homme condamné dans le cadre des larges scandales qui, depuis 2004, secouent les couloirs de l'ONU, dans une ambiance sidérante de laisser-faire et d'omerta: des éléments de son personnel, militaire et civil, se livraient, en République démocratique du Congo à des abus et des viols envers des femmes en position de détresse absolue. "Tout ceci est hautement immoral et en totale contradiction avec notre mission", déclarait alors le secrétaire général Kofi Annan, alors qu'éclataient aux yeux du monde des faits glaçants: dans le cadre de missions de pacification, des viols ont été commis de manière systémique, endémique. Les témoignages des rares victimes qui ont osé ou osent encore parler sont ravageurs, difficilement soutenables. Mais l'enquête analyse habilement les rouages, les dysfonctionnements, les incompétences et le sentiment d'impunité qui ont conduit à ces tragédies étouffées. Malgré de multiples mesures dont la création d'un poste de défenseur des droits des victimes, l'imposition d'un couvre-feu à ses employés, un travail de sensibilisation et d'éducation, le même scénario s'est répété tout récemment dans le cadre de la mission pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). L'enquête interne, dont les détails effarants sont expliqués ici, révèle un manque criant de coordination entre les différents services concernés et des abus de pouvoir aux sommets de la hiérarchie, alors que les victimes sont abandonnées dans une détresse sauvagement ignorée.

Documentaire de Sam Collyns et Ramita Navai.

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