Comme d'autres, la société suisse est capable de déverser une chape de plomb sur ses citoyens, fondation de la sacro-sainte et trinitaire stabilité morale, politique et économique. Tel est le fil conducteur de cette minisérie de quatre téléfilms: dans un quotidien policé qui chasse ses as...

Comme d'autres, la société suisse est capable de déverser une chape de plomb sur ses citoyens, fondation de la sacro-sainte et trinitaire stabilité morale, politique et économique. Tel est le fil conducteur de cette minisérie de quatre téléfilms: dans un quotidien policé qui chasse ses aspérités, le fait divers scabreux, marqué par la violence (physique et/ou symbolique) et l'incompréhension qu'il laisse dans son sillage, peut être le révélateur de malaises profonds. Ondes de choc explore le filon et tente d'y cultiver, à la manière d'un Simenon, le besoin impérieux d'une autre vérité. Le premier épisode, Journal de ma tête, réalisé par Ursula Meier ( L'enfant d'en-haut, Ours d'Argent en 2012), s'attarde sur le cas de Benjamin qui, après avoir froidement abattu ses parents, envoie son journal à sa professeure, Mme Fontanelle (Fanny Ardent), qui sera sollicitée par le juge pour tenter de trouver un sens à ce geste. Comment sortir du carcan moral et comportemental d'une société? Quelle place pour l'âme, les émotions congelées et quel rôle pour le crime dans ce maelström ? Dérives sectaires, exode alpin des réfugiés, bavures policières sont les autres thèmes évoqués par cet ensemble qui réussit, malgré des lenteurs, un beau traitement mélodramatique des angoisses et des secousses traversant notre époque.