On se souvient du long métrage Old Boy, Grand Prix du Festival de Cannes en 2004. En revanche, tout le monde ne sait pas que le thriller léché de Park Chan-wook doit une partie de son succès à la solidité de son matériau source, puisqu'il s'agit de l'adaptation d'un manga. Un manga...

On se souvient du long métrage Old Boy, Grand Prix du Festival de Cannes en 2004. En revanche, tout le monde ne sait pas que le thriller léché de Park Chan-wook doit une partie de son succès à la solidité de son matériau source, puisqu'il s'agit de l'adaptation d'un manga. Un manga dont le cadre n'est à l'origine pas coréen mais éminemment japonais, à savoir le quartier de Shinjuku à Tokyo, ce célèbre bastion de "la chaleur de la nuit" que toute une génération a découvert devant le dessin animé Nicky Larson (oui, ce quartier où "le mal est toujours puni", paraît-il). L'oeuvre originale, qui date de 1997, développe nettement plus en profondeur ce chassé-croisé urbain entre un homme enfermé pendant dix ans pour une raison qu'il ignore, et son mystérieux tortionnaire, sous un format feuilletonnesque inhérent au médium manga. Le résultat, porté par un trait joyeusement accidenté et une mise en scène aussi directe qu'un riff de rock à papa, s'engloutit comme une sorte d' ultra extended cut du film (malgré de vraies divergences, comme le caractère du héros, et sans la réalisation virtuose de Chan-wook) ou une bonne série télé aux effluves nineties. Édité une première fois en VF il y a quinze ans, Old Boy est ici à nouveau disponible en intégralité, dans une nouvelle version en tomes doubles et retraduite.