Ce n'est pas l'horizon que l'on scrute constamment dans Overpass, mais bien le sol. Contrairement à un jeu de course moteur classique, le titre scandinave ne glorifie en effet pas la vitesse mais plutôt l'art du franchissement d'obstacles. Exit les concurrents rageux en course. Boueuses ou au contraire anguleuses et rocheuses, les surfaces complexes de ce jeu d'équilibriste squattent ici le premier rôle. Une approche fraîche et bienvenue dans un paysage gaming qui, ces derniers mois, boude le sport automobile.
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Ce n'est pas l'horizon que l'on scrute constamment dans Overpass, mais bien le sol. Contrairement à un jeu de course moteur classique, le titre scandinave ne glorifie en effet pas la vitesse mais plutôt l'art du franchissement d'obstacles. Exit les concurrents rageux en course. Boueuses ou au contraire anguleuses et rocheuses, les surfaces complexes de ce jeu d'équilibriste squattent ici le premier rôle. Une approche fraîche et bienvenue dans un paysage gaming qui, ces derniers mois, boude le sport automobile. Des tondeuses à gazon stratégiques de 1950s Lawn Mower Kids au très fluo Valet Parking 1989, les Suédois de Zordix AB cultivent depuis dix ans la passion des quatre roues décalées. Overpass roule comme un prolongement logique de ces productions modestes et originales. Mais gare à ses premiers tours de piste. D'un quad à un UTV (un petit utilitaire tout-terrain), la prise en main des débuts se solde par des chutes ou des blocages honteux entre deux pierres. Des petits rondins empilés en pyramide, des pneus en tout genre, des troncs d'arbre alignés comme une voie de chemin de fer, des rochers de toutes tailles et de toutes formes: Overpass décline l'idée d'obstacle à l'infini sur des circuits en pleine nature. Inutile de foncer tête baissée comme dans MotorStorm. Garder une faible vitesse constante, prendre une trajectoire en diagonale face à une pente trop inclinée ou savoir où poser ses pneus entre des rochers: le plaisir de conduire vient en assimilant une poignée de concepts insoupçonnés. Pas du genre noceur, Overpass se drape d'une ambiance sobre, loin du jeunisme extatique, vain et fatigant d'un Forza Horizon. Un vieux prof à l'accent texan commente paisiblement son très bon tutoriel et l'argent décroché au bout de ses chronos s'affiche sans trompettes. Ce jeu un peu austère ne captive pas moins dès qu'il dévoile ses subtilités. Certains de ses circuits mettent ainsi en avant le balancement du corps du pilote, notamment pour éviter la chute lorsque le quad s'incline trop. Augmentant également l'adhérence des deux roues avant, ces réflexes vite jubilatoires se doublent d'un différentiel à activer pour améliorer la puissance des roues touchant effectivement une surface. Oscillant entre des défis d'ascensions de côtes et des parcours d'obstacles sur circuit, Overpass multiplie les environnements forestiers, désertiques, côtiers et calcaires sans éclat, mais avec justesse. Son incroyable amour de l'obstacle sous toutes ses formes se heurte à des tours de piste hélas trop longs (souvent plus d'une dizaine de minutes d'une traite). Ses pénalités de temps infligées lorsqu'on sort involontairement du tracé (après une chute) auraient également mérité un meilleur calibrage. Mais dans l'ensemble, le voyage se vit sourire aux lèvres. Car il nous rappelle une vertu essentielle du jeu vidéo: sa capacité à nous faire découvrir des activités inconnues.