La première saison de ce thriller norvégien avait passablement mis Vladimir Poutine hors de ses gonds, et pour cause: en pleine crise ukrainienne, imaginer la Russie envahir la Norvège, passée aux énergies vertes, pour s'emparer de ses réserves de pétrole et de gaz avait tout d'un coup de Jarnac...

La première saison de ce thriller norvégien avait passablement mis Vladimir Poutine hors de ses gonds, et pour cause: en pleine crise ukrainienne, imaginer la Russie envahir la Norvège, passée aux énergies vertes, pour s'emparer de ses réserves de pétrole et de gaz avait tout d'un coup de Jarnac -l'invasion, plus tard, de la Crimée y a fait un écho cinglant. Mais voilà: Occupied dépassait la géopolitique de bac à sable pour explorer les ressorts de la crise énergétique et son impact sur la démocratie norvégienne. Comment réagir à l'occupation? Sommés de prendre position, que feraient les politiques? Les citoyens? La seconde saison poursuit ce fil intelligent et s'ancre même dans une durée qui laisse les personnages déployer leur complexité et la zone de gris s'étendre à toute l'histoire. Jesper Berg, le premier ministre, a quitté Oslo et organise la résistance depuis Stockholm à travers une messagerie de jeu vidéo, tout en entretenant une liaison avec l'ambassadrice de Russie. Sur les rives des fjords, entre deuils, collaboration et luttes, l'humanité est mise à rude épreuve. Dans toute sa trivialité, sa banalité froide, la situation qui a succédé au coup de force est racontée avec une justesse psychologique qui fait de cette série bien plus qu'une anticipation: un miroir tendu à nos renoncements ou nos engagements présents.