Au départ, on ne cache pas sa méfiance. Issue du sérail LVMH, la plateforme Nowness et son emballage trop propre font craindre la malle à pubs en tout genre. Force est de reconnaître qu'on a beau eu tout retourner, aucune pollution de ce type n'est venue enc...

Au départ, on ne cache pas sa méfiance. Issue du sérail LVMH, la plateforme Nowness et son emballage trop propre font craindre la malle à pubs en tout genre. Force est de reconnaître qu'on a beau eu tout retourner, aucune pollution de ce type n'est venue encombrer le navigateur. Mieux, la matière première est de choix, entre une oeuvre post-conceptuelle de Cory Arcangel qui déterritorialise Mario Bros, un reportage sur Laure Prouvost à Venise et un hallucinant court métrage feat. Joaquin Phoenix. D'autres surprises attendent le curieux. Parmi elles, mention pour un ballet de Pina Bausch immortalisé par la caméra de Wim Wenders. Tout aussi magnétique est un documentaire d'une grande pureté esthétique -sobrement intitulé Who You Look- sur James Turrell, dans lequel le plasticien démonte les mécanismes de son rapport à la lumière -notamment en remontant le temps vers une enfance aux rigoureux contours quakers. Construit avec intelligence, le propos montre comment l'artiste est parvenu à trouver une impossible solution formelle entre le caractère impondérable du rayon lumineux et l'obstacle nécessaire à la révélation de celui-ci que constitue la matière. Le tout pour une odyssée de huit minutes de laquelle on sort chamboulé. Quand l'art refuse toute vanité.