C'est peu d'écrire que ce troisième roman de l'auteur de Héléna (2018) défie les genres avec insolence. Nous sommes les chasseurs est un livre exigeant dans la mesure où il est construit comme un puzzle de dix pièces -comme autant de chapitres- où les liens souvent en embuscade ...

C'est peu d'écrire que ce troisième roman de l'auteur de Héléna (2018) défie les genres avec insolence. Nous sommes les chasseurs est un livre exigeant dans la mesure où il est construit comme un puzzle de dix pièces -comme autant de chapitres- où les liens souvent en embuscade n'apparaissent que subrepticement au fil d'un récit articulé autour de la souffrance sous toutes ses formes. Et les protagonistes d'être victimes de la folie, de la délation, de la dictature, de l'enfermement, de la maladie et, peu importe que la torture soit physique ou psychologique, la douleur est palpable à chaque page. Pitcher la fresque démoniaque qu'est Nous sommes les chasseurs est cauchemardesque tant le récit se balade entre réel et fiction, entre passé et futur, entre le monde des vivants et celui des morts. Ce roman inclassable est une expérience unique dont les références sont autant cinématographiques (David Lynch, Charles Laughton, M. Night Shyamalan période Le Village et Phénomènes) que littéraires (Stephen King, James Ellroy, Shirley Jackson, Edgar Allan Poe...). Derrière cette cathédrale de l'horreur, l'auteur livre un roman troublant, personnel et intime où il est aussi question de judéité, d'amour entre garçons ou de gémellité. Dédié à Grégory, frère jumeau de l'écrivain, Nous sommes les chasseurs s'avère aussi puissant que culotté!