CLÉMENT DENIS, LMS GALLERY, 335 AVENUE LOUISE, À 1050 BRUXELLES. DU 22/04 AU 23/06.
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CLÉMENT DENIS, LMS GALLERY, 335 AVENUE LOUISE, À 1050 BRUXELLES. DU 22/04 AU 23/06. Sous la main de Clément Denis, l'expression "no man's land" change de sens, se reterritorialise, vit de nouvelles heures. Il n'est plus question, comme à l'habitude, d'un terrain neutre, d'une zone dévastée, vidée de ses habitants. Non, les toiles de ce jeune artiste (1991) issu des Beaux-Arts de Paris plantent un autre décor, celui d'entre-deux surpeuplés où "chaque être vit sa propre solitude". Les compositions, de vaste dimension, qui résultent de cette alchimie caractéristique du monde contemporain accrochent l'oeil. Lignes, couleurs, mouvements... Il se passe quelque chose, une vibration s'empare de la perception parmi les corps morcelés et enchevêtrés, les visages empilés. Si l'on en croit l'intéressé, cette dynamique résulterait d'un vrai "corps à corps" avec la peinture, une confrontation physique avec la toile qui n'est pas sans évoquer un certain esprit de mise en abîme. On pense à Merleau-Ponty et au corps qui peut tout à la fois "voir et être vu" et donc "peindre et être peint". Il reste que la confrontation évoquée n'est pas sans rappeler les grandes heures de l'Action Painting -Jackson Pollock. À ceci près que l'horizon abordé ne craint pas la figuration qui surgit presque malgré elle. On n'est pas surpris d'apprendre que le pinceau, trop dirigiste, joue un rôle minimal dans le travail de Clément. En lieu et place, une autre panoplie que l'on comprend davantage comme une ramification du corps: mains, spatules, vaporisateurs, chiffons et brosses. Le tout pour une construction à deux étages, la première couche est comme démentie par la seconde. Le dialogue qui s'instaure au coeur de ses superpositions donne du coup naissance à une profondeur insoupçonnée. Exactement le genre de constructions abyssales, travaillées par un processus de lent écoulement, parmi lesquelles on rêve de se perdre. WWW.LMSGALLERY.BE M.V.