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Après avoir arpenté les nombreuses salles -12 au total sont consacrées à l'exposition- de la Saatchi Gallery, Focus livre ses coups de c£ur. Etonnant travail que celui de Quinn qui s'inspire parfois de la peinture romantique des XVIIIe et XIXe telle que pouvait la concevoir un Friedrich, parfois de la peinture classique façon Claude le Lorrain. Dans des décors que l'on pourrait croire d'époque, il insère des épisodes noirs de l'Histoire récente. Hitler et sa retraite du Berghoff, Antonin Artaud ou la secte Waco télescopent ainsi une représentation du monde idyllique. Egalement inspirée par la peinture ancienne -celle du XVIe siècle-, Sigrid Holmwood s'empare de scènes rurales qu'elle réinterprète au moyen d'une palette de couleurs quasi fluorescentes. Pour arriver à ce résultat, elle utilise des pigments artisanaux élaborés selon des recettes datant, elles aussi, du XVIe siècle. Un peu comme si Warhol redonnait couleur et éclat à la peinture hollandaise classique. Artiste né à Londres en 1971, Barry Reigate présente une série de sculptures et de toiles. Fasciné par une imagerie cartoonesque, il signe des grandes compositions colorées dans lesquelles se mêlent toutes sortes de techniques et de matériaux -pastel, acryli-que, collage, charbon, cire. Celles-ci sont dominées par des figures empruntées à l'univers des dessins animés qui cohabitent en paix avec des attributs virils. Les sculptures présentent des personnages du même type souvent empalés par des tubes néon fluorescents. Ce duo venu de Glasgow puise son inspiration dans le passé ouvrier de la ville ainsi que dans sa culture postindustrielle. Il s'interroge tout particulièrement sur les phénomènes de violence urbaine. Dans la salle 12, on découvre It Happened in The Corner... , une installation qui montre un petit attroupement de zonards en train de commettre un méfait. Le spectateur qui tente d'en voir plus est d'emblée mis en scène à la façon d'un voyeur complice. Toute la force de l'£uvre. Romancière et peintre, Lynette Yiadom Boakye livre une série de portraits imaginaires inspirée par des archétypes du monde moderne. Ainsi de Grammy qui représente 2 starlettes hideuses et grimaçantes en attente d'une de ces récompenses de l'industrie du disque comme il en existe tant. En filigranes, ce sont toutes les valeurs d'un système fonctionnant en circuit fermé que pointe Yiadom Boakye. l M.V.