Lire une adaptation en bande dessinée des aventures de Nestor Burma, c'est bon comme regarder un cycle polar au ciné-club estival du quartier: on peut y aller seul, on est assuré d'y retrouver de vieilles connaissances. De cinéma et d'été, il est question dans cette nouvelle aventure du détective privé parisien. Son boulot de garde du corps pour une petite starlette du grand écran terminé, Burma, accompagné de son copain journaliste Covet, profite encore un peu de la fraîcheur relative des salles obscures pour s'en foutre plein les mirettes dans un festival cinématographique de la capitale française. On y croise de jolies créatures au décolleté plongeant mais également des actrices sur le retour rongées par le stress au point d'ingurgiter une dose létale d'opium. Aux premières loges, Nestor n'en demande pas plus pour foutre son nez dans les bas-fonds du show-biz. Il aura rendez-vous avec la chnouffe, des truands de retour à Paname, des jeunes premières prêtes à tomber la petite culotte pour un rôle, des producteurs sans scrupules et bien sûr, des cadavres. Si l'ambiance générale et les répliques qui tuent de Burma -sans en faire trop- font mouche, l'intrigue à tiroirs et la succession de personnages secondaires font perdre quelque peu le fil de l'enquête. Reste alors aux lecteurs égarés à relever les guest stars dont le dessinateur a parsemé ses planches.

De Léo Malet et Nicolas Barral, éditions Casterman. 104 pages.

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