Chaque génération a son Freddy Krueger. Les Millennials, baignés dans la grande Toile et les jeux en ligne, n'échappent pas à la malédiction. Mais, époque oblige, s'y ajoutent les trolls et les fake news. À partir de faits réels, Anabel Colazo, jeune autrice barcelonaise, imagine une histoire étrange d'apparitions. Blanca vit seule dans une petite ville du bord de mer. Elle tra...

Chaque génération a son Freddy Krueger. Les Millennials, baignés dans la grande Toile et les jeux en ligne, n'échappent pas à la malédiction. Mais, époque oblige, s'y ajoutent les trolls et les fake news. À partir de faits réels, Anabel Colazo, jeune autrice barcelonaise, imagine une histoire étrange d'apparitions. Blanca vit seule dans une petite ville du bord de mer. Elle travaille dans un bar, ses parents sont morts. L'histoire débute en octobre avec le retour de Sam, une amie revenue étudier la guitare au conservatoire. Lors d'un bain de minuit, les deux copines tombent sur le cadavre d'une jeune fille. Apparaît alors à Blanca une ombre fantomatique. Ce n'est pas la première fois que Blanca a cette vision, qu'elle est la seule à voir. Elle se confie à ses amis et notamment à Cookiefire, une youtubeuse star, spécialiste des jeux vidéo qui lui parle du jeu Don't look back, phénomène du moment: le joueur est dans une forêt, il sent une présence et, comme dans un rêve, n'arrive pas à s'échapper et meurt... dans le jeu. Le tueur ressemble furieusement aux visions de Blanca. L'autrice s'est inspirée du phénomène des "creepypasta": des ados se font harceler sur le Net par une entité à l'aspect macabre, derrière laquelle se cache une personne bien réelle. Elle leur demande de se mettre en danger ou de commettre des crimes. L'autrice fait durer ici le plaisir en greffant à l'intrigue une comédie de moeurs. Tous les personnages sont à cet âge où l'on quitte l'adolescence pour plonger dans le monde inconnu des adultes, incarné pour Blanca par ses visions étranges. Malgré une bonne maîtrise de la narration, le ton pourrait parfois refroidir les lecteurs plus âgés. Graphiquement, Anabel Colazo utilise les codes du manga en y ajoutant sa touche personnelle à la fois sombre et très colorée pour un résultat, au final, très maîtrisé.