Nombreux sont les plasticiens et les plasticiennes afro-américains qui s'emploient à remettre le corps noir au centre de la représentation, loin de la position périphérique que lui a trop longtemps réservée l'Histoire de l'art. Peintre, photographe et collagiste, Mickalene Th...

Nombreux sont les plasticiens et les plasticiennes afro-américains qui s'emploient à remettre le corps noir au centre de la représentation, loin de la position périphérique que lui a trop longtemps réservée l'Histoire de l'art. Peintre, photographe et collagiste, Mickalene Thomas (1971, Camden, New Jersey) excelle dans cet exercice. C'est particulièrement vrai de ses tableaux à la peinture acrylique colorée rehaussés de strass. Ce ne l'est pas moins de ses photographies dont les contours subliment le pouvoir et la féminité de muses afro-américaines dans le plus pur style de la "blaxploitation" des années 70. L'image ci-dessus témoigne des lignes de force de son travail: la femme noire comme objet central s'imposant au coeur de l'image. Sa figure envahit tout l'espace pour s'affirmer avec panache comme l'une des composantes essentielles de la société américaine. Le décor n'a ici rien d'innocent, chaque détail, chaque objet, chaque tissu représenté entend rendre compte d'une identité plurielle. Le tout pour des compositions inspirées qui ravivent le potentiel sensuel et sulfureux de grands classiques: l' Odalisque d'Ingres, l' Olympia ou le Déjeuner sur l'herbe de Manet. Mickalene Thomas est représenté par la galerie Nathalie Obadia.