Senga vous a plu ( lire ci-contre)? Bonne nouvelle, le photographe congolais figure également au casting de Multiple Transmissions: Art in the Afropolitan Age, une percutante exposition du Wiels, réunissant huit artistes africains contemporains, qui revient sur un concept central de la pensée d'Achille Mbembe, encore lui. Voici comment le penseur camerounais évoque cette " sensibilité culturelle" qu'est pour lui " l'afropolitanisme":...

Senga vous a plu ( lire ci-contre)? Bonne nouvelle, le photographe congolais figure également au casting de Multiple Transmissions: Art in the Afropolitan Age, une percutante exposition du Wiels, réunissant huit artistes africains contemporains, qui revient sur un concept central de la pensée d'Achille Mbembe, encore lui. Voici comment le penseur camerounais évoque cette " sensibilité culturelle" qu'est pour lui " l'afropolitanisme": " Une conscience de l'imbrication de l'ici et de l'ailleurs, la présence de l'ailleurs dans l'ici et vice-versa, cette relativisation des racines et des appartenances primaires et cette manière d'embrasser, en toute connaissance de cause, l'étrange, l'étranger et le lointain, cette capacité de reconnaître sa face dans le visage de l'étranger et de valoriser les traces du lointain dans le proche, de domestiquer l'in-familier, de travailler avec ce qui a tout l'air des contraires." On le voit, la notion est aussi éclairante que brillante. Celle-ci suinte à travers les oeuvres présentées au premier étage de l'ancienne brasserie. Si l'ensemble des travaux séduit, on retient surtout les propositions de Nelson Makengo (1990, RDC). Installation, photographie ou vidéo, ce talent passé par La Fémis donne à penser tout l'enjeu de la question de la lumière dans une ville comme Kinshasa. On suit des habitants déployant une énergie folle pour résister à l'obscurité, au sens propre, qui est à la fois le signe de l'abandon de la population par le gouvernement et le sacrifice de celle-ci au profit d'intérêts économiques extérieurs -les interruptions de la fourniture d'électricité se font au profit des pays voisins du Congo et des investisseurs. Pour ne pas sombrer dans l'ombre et le brouillard, les Kinois "s'auto-éclairent". Ces frêles lueurs propagées par les stands de fortune des vendeurs de nuit (la reconstitution de l'un d'entre eux occupe le centre de l'exposition) ne soulèvent pas moins de beauté (les écrans bleus sur les visages noirs) et d'enthousiasme qu'un mouvement comme Nuit Debout (le nom que l'artiste a choisi de donner au projet).